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COVID-19: des détenus et leur entourage en veulent plus

COVID-19: des détenus et leur entourage en veulent plus
Photo d'archives PIerre-Paul Poulin

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Québec a annoncé mercredi que près de 400 détenus seraient relâchés pour des raisons de santé publique, mais plusieurs individus incarcérés et leur entourage en veulent plus.  

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Les détenus âgés de 65 ans et plus qui ont moins de 30 jours à purger devraient être remis en liberté, selon leur condition médicale. Aucun détenu ayant commis un crime violent «ne pourra sortir», a affirmé la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, lors du point de presse quotidien.  

Jean-Louis Nguyen estime que c’est un pas dans la bonne direction, mais qu’il reste du travail à faire. Son conjoint est actuellement incarcéré à Bordeaux pour une histoire de stupéfiants. Il n’est pas admissible à la remise en liberté, puisqu’il lui reste plusieurs mois de détention à purger, et son secteur est encore en isolement.  

Depuis le début de la crise, 34 détenus ont été déclarés positifs à la COVID-19 dans cet établissement.   

«On s’attend à plus de précisions et on appelle la ministre à émettre plus de directives, de façon plus urgente, pour vraiment protéger les détenus et les agents carcéraux. On demande aussi que le confinement soit à la mesure de l’éclosion, donc, de permettre de faire plus de dépistage et de faire respecter les droits fondamentaux des personnes détenues», a-t-il déclaré en entrevue avec Benoît Dutrizac à QUB radio.  

  

  

Selon lui, l’annonce d’hier ne change rien pour les proches des détenus.  

«On reste toujours sans nouvelles», a-t-il précisé.   

Les visites ayant été suspendues, les communications de M. Nguyen avec son conjoint sont difficiles.   

«Depuis le 24 avril, les détenus du secteur E ont été en isolement 24h sur 24, donc aucun accès à un téléphone. Ç‘a été extrêmement difficile, pour moi, d’essayer de comprendre quelle était vraiment la situation, parce qu’on a de la misère à communiquer avec l’établissement de détention», a raconté M. Nguyen.  

Ayant déjà été incarcéré dans le secteur C puisqu’il a été arrêté pour la même affaire que son copain, il imagine quel doit être le climat, en ce moment, dans l’établissement.  

«C’est un climat de panique, autant pour leurs proches... Je pense aussi aux agents correctionnels, dont le travail est devenu de plus en plus difficile. Ces gens-là [les détenus] sont coupés de tout contact avec l’extérieur», a-t-il expliqué, signalant au passage que les détenus, de surcroît, n’ont pas accès à leur avocat.  

«On parle de détenus qui ont commis des délits. Je ne le conteste pas. Par contre, ce sont des êtres humains. On est au Canada. C’est un pays qui garantit les droits de la personne. Il y a aussi 75% des personnes, c’est un chiffre qui a été avancé par la Ligue des droits et libertés, de la population carcérale à Bordeaux qui est en attente de procès et le reste [a une peine] pour une période de moins de deux ans, a affirmé M. Nguyen. C’est des gens qui, tôt ou tard, vont se retrouver dans la société.»  

  • ÉCOUTEZ Me Alexandra Paquette, avocate en droit carcéral qui a des clients à la prison de Bordeaux, à QUB radio:

S'il comprend que la population carcérale n’est pas celle qui attire naturellement la sympathie des citoyens, il tient à dire que les détenus ont tout de même des droits.