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Des courts métrages coups de cœur

Des courts métrages coups de cœur
Photo Courtoisie

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L’organisme Prends ça court! lançait cette semaine la série «Dans ta face!» à travers laquelle des artistes et artisans du cinéma québécois présentent chaque soir leurs courts métrages préférés. 

«C’est carte blanche, indique d’emblée Danny Lennon, instigateur de la série et fondateur de “Prends ça court!”. Il y en a qui présentent un film, d'autres en présentent deux, parfois cinq. Dans les films, il y du nouveau, du vieux, des bébittes, c’est le fun.» 

Tous les jours de la semaine excepté le dimanche, les coups de cœur des artistes qui ont accepté de se prêter au jeu sont dévoilés sur la page Facebook de l’organisme. Si le concept des cartes blanches existe depuis début avril, la série «Dans ta face!» a été lancée lundi dernier en ayant comme objectif de présenter les choix des artisans du cinéma québécois. 

Le film Faillir de Sophie Dupuis a été présenté mardi à travers la carte blanche de Julie Le Breton.
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Le film Faillir de Sophie Dupuis a été présenté mardi à travers la carte blanche de Julie Le Breton.

Les suggestions de Stéphane Lafleur, Julie Le Breton et Myriam Verreault ont déjà été dévoilées et plusieurs personnalités du monde des arts ont réservé leur place pour les semaines à venir, dont Jean-Marc Vallée, Sophie Deraspe, Denis Villeneuve, Évelyne Brochu et Sophie Cadieux. 

«Ça a été la folie, les trois premiers mois sont remplis, j’ai du monde booké jusqu’au mois d’août, poursuit le programmateur. Moi je trouve ça intéressant, je trouve que c’est une super belle offre cinématographique. Ça fait voyager, c’est trippant, je pense qu’on a tous besoin de ça maintenant. Ça ne révolutionne rien, c’est juste une affaire de plus qui peut être le fun.» 

Rendez-vous

Une particularité de la série : la nécessité d’être ponctuel. Les cartes blanches sont dévoilées à 19h15 tapante, via différentes plateformes numériques, et les films ne sont plus nécessairement accessibles au-delà de la durée de leur projection. 

«Je n’aime pas beaucoup les histoires de «Facebook Live» et les films disponibles 24 heures, explique Danny Lennon. Je veux forcer le monde à être là à 19h15. C’est ça que je trouve cool, ils ne savent pas ce qu’ils vont voir, le film est peut-être déjà disponible sur internet et je vais le laisser, mais si je me fie à tout ce qu’on a joué depuis début avril, ça joue une fois et ça ne joue plus après.» 

«J’aime ça le fait que tu n’aies pas le choix de te mettre une alarme, poursuit-il. Il y a beaucoup de monde qui me dit que ça leur permet de leur rappeler qu’on avait une vie avant, et ainsi de suite. Et si t’es pas là, “too bad”, c’est ça la vie.» 

Le film La paix des géraniums de Marcel Hobi a été présenté lundi à travers la carte blanche de Stéphane Lafleur.
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Le film La paix des géraniums de Marcel Hobi a été présenté lundi à travers la carte blanche de Stéphane Lafleur.

Casse-tête institutionnel

Prends ça court! diffuse du cinéma de tous genres depuis septembre 1999 en cherchant à faire découvrir le court métrage comme le long au public québécois. 

«Prends ça court, c’est une machine de programmation et un casse-tête institutionnel, soutient le fondateur. On “fit” dans absolument rien et ça fait 20 ans que c’est comme ça. On présente des courts métrages, longs métrages, des programmations de festival à travers le monde, vraiment de tout, une belle petite bébitte. C’est beaucoup en dessous du radar, donc je m’amuse.» 

Et selon le programmateur, quelle serait la valeur d’un court métrage comparativement au long? 

«Ce qu’on aime beaucoup du cinéma en tant que tel, ce sont les émotions. Et un court métrage, ça le dit, c’est un condensé d’émotions, soutient Danny Lennon. Tu n’as pas 1h30 pour bâtir quelque chose, là tu l’as à petite dose, c’est du fort. Souvent, c’est un coup de bat de baseball dans la face. Le pouvoir d’un bon court métrage, souvent c’est ça, tu vas te dire “Ouf, qu’est-ce qui s’est passé”. C’est ça qui est le fun.» 

La force du court métrage 

Alors que le court métrage peut souvent être mis de côté par le grand public, le 24 Heures réunit ici quelques commentaires d’artistes faisant partie de la programmation de la série «Dans ta face!» qui s’expriment sur ce genre cinématographique et les raisons qui à leur avis font sa force. 

1- Myriam Verreault, réalisatrice

«Plusieurs courts métrages sont souvent plus audacieux au niveau formel que les longs métrages. Personnellement, en regarder beaucoup m'inspire énormément dans mon métier, car j'ai accès à une multitude de visions, de mises en scène différentes, de diversité. C'est réjouissant de découvrir autant d'idées de qualité en si peu de temps.» 

Le film Girl in the Hallway de Valerie Barnhart a été présenté mercredi à travers la carte blanche de Myriam Verreault.
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Le film Girl in the Hallway de Valerie Barnhart a été présenté mercredi à travers la carte blanche de Myriam Verreault.

2- Marilyn Castonguay, actrice

«Le court métrage permet l’exploration de tellement d’univers différents, complexes et parfois absurdes ! C’est un format d’exploration d’idées, un format qui amène une grande liberté dans les sujets abordés ! On peut sortir du réel, du quotidien et j’ai l’impression que c’est mieux accepté dans un court métrage, plus facilement reçu.» 

3- Léane Labrèche-Dor, actrice

«J'aime l'incursion rapide, et la folie que ça permet. C'est vraiment une tranche de vie, ou une tranche d'histoire, ou un flash qui crée une histoire complète et complexe, mais qui mérite d'être traitée de cette façon-là: courte, pour rayonner à son plein potentiel. Je pense vraiment que c'est le brin de folie que ça permet qui me charme et je n'arrive pas à le retrouver vraiment de cette façon-là dans un autre format ou médium.» 

Des courts métrages coups de cœur
Photo : Bruno Petrozza, TVA Publications

4 - Frédérick Pelletier, cinéaste et directeur de la programmation des Rendez-vous Québec Cinéma

«Dans le parcours “normal” d'un cinéaste, on a souvent réduit le court métrage à un passage obligé, un laissez-passer vers le long, un petit carré de sable pour réalisateur débutant. Mais en fait, le court métrage est un terrain de jeu beaucoup plus vaste, un endroit où les cinéastes même chevronnés peuvent revenir régulièrement pour essayer, explorer, tester des idées, des formes librement et sans toutes les contraintes du format long - onéreux et professionnalisé à l’extrême. Ce n’est pas pour rien que des artistes comme Denis Côté, Apichatpong Weerasethakul ou Bertrand Bonello y reviennent régulièrement.»