/news/coronavirus
Navigation

Pas de vaccin, pas d’accès à Oka

Plus de 4000 véhicules ont été refoulés aux barrages mis en place par des Mohawks de Kanesatake

barrage Oka
Photo Stéphane Sinclair Ce véhicule a dû faire demi-tour au barrage érigé à l’entrée de la ville d’Oka jeudi puisque les occupants n’habitent pas sur le territoire de Kanesatake.

Coup d'oeil sur cet article

OKA | Les cinq barrages érigés par des Mohawks pour limiter le passage de gens potentiellement infectés par la COVID-19 vers Oka et Kanesatake ne seront pas démantelés tant qu’il n’y aura plus de risque de contagion.

• À lire aussi: [EN DIRECT JEUDI 7 MAI] Tous les développements de la pandémie

« On va garder les points de contrôle indéfiniment s’il le faut. Tant et aussi longtemps que le virus tuera », lance Serge Simon, grand chef du conseil de bande de Kanesatake.

Il affirme qu’un démantèlement se fera dès qu’un traitement ou un vaccin contre la COVID-19 sera officialisé.

Le grand chef de la communauté autochtone, Serge Simon, affirme que le barrage demeurera sur place tant qu’il n’y aura pas de vaccin pour contrer la COVID-19.
Photo Stéphane Sinclair
Le grand chef de la communauté autochtone, Serge Simon, affirme que le barrage demeurera sur place tant qu’il n’y aura pas de vaccin pour contrer la COVID-19.

Ce dernier soutient qu’il a le devoir de protéger sa communauté et les citoyens d’Oka puisque les deux populations sont étroitement liées par leur proximité.

« Nous allons à la même épicerie, à la même pharmacie et dans les mêmes commerces. Je ne peux pas protéger les miens sans protéger les citoyens d’Oka », détaille-t-il.

Serge Simon affirme que les cinq barrages érigés sur les routes menant à Oka et au territoire mohawk, dans les Basses-Laurentides, depuis la première semaine d’avril ont fait rebrousser chemin à plus de 4000 véhicules « qui auraient pu les infecter ».

« On a approximativement 60 à 70 aînés qui parlent encore la langue mohawk. Le virus tue les aînés. On ne veut pas perdre notre langue », soutient le grand chef, qui confirme qu’il n’y a aucun cas d’infection dans sa communauté pour le moment.

Protéger deux communautés

L’initiative visant à protéger les deux communautés a été pensée à la fin mars conjointement par le maire d’Oka, Pascal Quevillon, et par le chef Simon.

Ils ont alors demandé à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, que la Sûreté du Québec (SQ) installe des barrages routiers pour limiter l’accès à leurs territoires.

Ne recevant pas de réponse favorable du gouvernement, Serge Simon a donc fait appel à son comité d’urgence, une instance du conseil de bande qui s’occupe de protéger les citoyens du territoire, pour instaurer les barrages routiers.

La faute aux cabanes

Le Mohawk avoue que les nombreuses « cabanes à pot et à tabac » sont à la base du problème.

« Il y a beaucoup trop de clients qui viennent de régions où le taux d’infections au coronavirus est élevé », spécifie-t-il.

Le conseil de bande a d’ailleurs ordonné à la fin mars la fermeture de tous les commerces de tabac et de cannabis sur le territoire où vivent près de 2000 âmes.

Mais de nombreux citoyens l’ignorent et tentent leur chance, explique M. Simon.

Le maire d’Oka affirme quant à lui ne plus soutenir l’initiative.

« C’est à la SQ de faire ça et la localité d’Oka ne peut rester enclavée pendant deux ans. Le problème à la base de tout, ce sont les cabanes à pot. Ce n’est pas le conseil de bande le problème, mais le fédéral qui ne lui donne pas les moyens d’avoir une police », dénonce-t-il.

Citoyens divisés

Cette enclave de la municipalité divise les citoyens et les commerçants interrogés par Le Journal, autochtones ou non.

« C’est le travail de la SQ. Je ne comprends pas pourquoi ce serait aux Mohawks de contrôler l’accès à notre village », lance une dame qui ne désire pas être identifiée.

« Ils laissent passer nos clients qui viennent chercher leur commande. Ce n’est pas nuisible à nos affaires. Les clients savent que c’est sécuritaire ici », explique René Boily, gérant d’un magasin de sports nautiques.

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres