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Course à pied: l’union fait la force

Un comité est formé pour repenser le modèle des compétitions de course

Marathon de Québec
Photo d'archives, Annie T. Roussel Les différents événements de course à pied mènent actuellement une réflexion conjointe pour s’adapter au contexte des nouvelles mesures sanitaires et de distanciation sociale.

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Les multiples annulations de compétitions en course à pied placent les différents organisateurs d’événements au Québec dans le même bateau. Un comité d’experts a donc été formé pour tenter de sauver ce qui pourrait rester de la saison cet automne et pour voir plus loin dans l’avenir.

Si la COVID-19 a complètement bouleversé le calendrier printanier et estival, la plupart des grands événements automnaux sont pour l’instant maintenus. 

Difficile de deviner quelle sera la situation dans quelques mois, mais chose certaine, si ces courses résistent vraiment à la présente tempête, elles devront être présentées dans un tout autre format que ce à quoi les coureurs ont été habitués.

C’est dans ce contexte, pour évaluer tant le présent que l’avenir des compétitions de course, qu’une dizaine d’organisateurs de partout au Québec ont décidé de se rassembler pour trouver des pistes de solutions. 

Une première rencontre virtuelle avait lieu jeudi et deux autres sont prévues en mai.

« On réfléchit déjà à adapter nos événements en mode distanciation sociale. Le fait de rassembler différents intervenants va permettre de partager des réflexions sur les bonnes pratiques à adopter », a fait savoir la productrice déléguée de Gestev, Marianne Pelchat.

Main dans la main

Le petit monde québécois de la course à pied est formé de coureurs, d’amis, mais aussi de compétiteurs en termes d’organisations d’événements. C’est dans ce dernier volet qu’il a été important de laisser les ego de côté.

« Nous sommes des concurrents, mais on prêche pour l’union. C’est une démarche collégiale et participative. Ça va devenir enrichissant de se partager nos visions. Après, chaque organisation appliquera de nouvelles pratiques en fonction de sa réalité, mais ce sera une base solide pour rassurer notre public sur le fait que les compétitions pourront revenir de façon sécuritaire », croit Mme Pelchat.

À quand le retour ?

Si cette dernière demeure d’avis que le marathon de Québec du 4 octobre sera présenté, tout comme d’autres compétitions d’envergure, d’autres sont moins certains.

« Il y a encore beaucoup d’inconnu, mais je serais surpris que les grosses compétitions reviennent cet automne », note Daniel Riou, kinésiologue de métier et fondateur du Défi Entreprises.

« Cela dit, il y a quand même des choses qu’on peut penser à court terme. Des départs avec des milliers de personnes en camisoles, entassées pendant les 20 premières minutes d’une course, ça me semble impossible dans les mois à venir.  

« Tout le monde essaie de s’adapter dans différents sports. Si le soccer penche vers des matchs à trois contre trois et que le tennis va exclusivement vers des matchs en simple, il faudra trouver un hybride en course à pied, entre les courses qu’on a connues et le fait de courir seul dans son quartier », image Daniel Riou.

Un devoir

Le comité d’experts aura donc du pain sur la planche afin de trouver rapidement les meilleures solutions, en se conformant bien entendu aux consignes de la sécurité publique.

« Le partage de connaissances à ce stade-ci, ce n’est plus juste un souhait, mais un devoir. C’est notre devoir à tous de trouver des solutions pour arriver avec des plans, pas seulement pour préparer l’après-COVID, mais pour le pendant-COVID », conclut celui dont le bébé, le Défi Entreprises, devait célébrer ce printemps sa dixième édition. 

Baladodiffusions pour les coureurs

<b>Marianne Pelchat</b><br /><i>Productrice déléguée, Gestev</i>
Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Marianne Pelchat
Productrice déléguée, Gestev

En ces temps de pandémie, nombreux sont ceux qui s’improvisent coureurs et qui aimeraient bénéficier de précieux conseils. Nombreux aussi sont les coureurs aguerris qui souhaitent parfaire leur art. Les deux catégories trouveront réponse à leurs questions avec les baladodiffusions de Je Cours Qc.

L’organisme qui chapeaute cinq événements annuels de course a lancé ses deux premières baladodiffusions thématiques et une troisième sera diffusée vendredi prochain. Les trois émissions sont d’une durée d’une vingtaine de minutes chacune.

Dans la première, le coureur de trail et urltramarathonien Simon-Pierre Leblanc prodigue des conseils sur l’entraînement physique.

Dans la deuxième, c’est la nutritionniste du sport et coureuse au sein du club de l’Université Laval, Isabelle Morin, qui se penche sur les bonnes pratiques alimentaires à adopter.

Pour le dernier volet à venir, Yasmina Lahlou, enseignante en méditation, abordera l’aspect de la santé mentale, pour aider chacun à garder le moral en temps de stress.

« Nos balados sont une conséquence directe de la COVID-19. C’est un peu dans la tendance actuelle des formations et cours en ligne », souligne Marianne Pelchat, productrice déléguée chez Gestev.

Par cette initiative, Je Cours Qc souhaite bien sûr apporter des ressources aux coureurs, sans pour autant tomber dans le ton académique.

« On s’est mis dans la peau des coureurs et on se demande quelles questions ils se posent. L’entraînement et la nutrition, ça peut vite devenir scientifique et mathématique, mais nos intervenants restent légers. Ils donnent des exemples concrets avec une approche simple et pédagogique », affirme Marianne Pelchat.

Défi virtuel

Par ailleurs, Je Cours Qc est actuellement en plein dans son défi virtuel, via son club sur l’application de course Strava. Le public est invité à se joindre au club et à choisir une distance à parcourir. Il s’agit ensuite simplement de partager le défi réalisé avec le club, qui est rapidement passé de 100 à plus de 1200 membres.

« C’est une façon d’inciter à continuer de bouger et à réaliser ses objectifs dans un contexte où il n’est pas possible de tenir les compétitions prévues initialement. Ça permet de garder le cap, de garder espoir », mentionne Marianne Pelchat.