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Pandémie: la livraison d'alcool réclamée pour les bars et microbrasseries

microbrasserie SNO
Photo Agence QMI, Simon Clark L’équivalent de 12 000 pintes dort dans les cuves de la microbrasserie SNO. Ici, le copropriétaire de SNO, Daniel Lowing.

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Des propriétaires de bars et microbrasseries du Québec demandent à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) d'assouplir sa loi sur les permis d'alcool, afin de leur permettre de faire la vente d’alcool pour emporter et en livraison, ce qui les aiderait à traverser la crise sanitaire. 

Selon la loi actuelle, seuls les commerces qui ont un permis de restauration ou d’épicerie peuvent procéder à la vente d’alcool pour emporter et en livraison. Les titulaires de permis de bar peuvent uniquement faire la livraison de nourriture, alors que les microbrasseries peuvent vendre leur bière pour emporter, mais ne peuvent pas faire la livraison. 

Ces obligations sont contraignantes pour les propriétaires de bars et microbrasseries qui, fermés depuis le 15 mars, font des pieds et des mains pour se garder la tête hors de l’eau. 

Alex Caron, copropriétaire de la microbrasserie SNO, déplore que la RACJ ne propose aucune mesure d’assouplissement, alors que l’on talonne les citoyens d’acheter local et de prioriser la livraison. 

«On a de la bière, mais on n’a pas la possibilité de la vendre. C’est tough», laisse-t-il tomber. 

L’équivalent de 12 000 pintes dort dans les cuves de sa microbrasserie, des pertes qui pourraient avoisiner 50 000$. 

«La livraison augmenterait nos revenus, ça nous permettrait de faire revenir des employés au travail et ça nous aiderait à passer au travers de la crise», fait-il valoir. 

Le propriétaire de la microbrasserie le Corsaire, Martin Vaillancourt, abonde dans le même sens. Comme il possède un permis de restauration, il peut livrer sa bière, mais uniquement si le client achète de la nourriture. 

«Ce n’est pas tout le monde qui veut manger. Parfois, les gens veulent juste nous encourager et là, ils ne peuvent pas », déplore-t-il. 

Il a, lui aussi, de la bière qui risque de devenir périmée. 

«On va faire du désinfectant avec et je vais le donner. Tant qu’à jeter de la bière au drain, on va la distiller et on va l’envoyer à ceux qui en ont besoin», indique-t-il. 

La Brasserie Générale espère aussi que le gouvernement revoit sa politique. 

«Ils l’ont fait, en Ontario. Ça permettrait plus d’accessibilité», indique le propriétaire, Maxime H. Bergeron. 

L’Ontario, la Saskatchewan et l’Alberta ont effectivement revu leur politique, afin d’autoriser la livraison et la formule take-out aux commerçants durant la pandémie. 

RACJ divisée 

Me Joyce Tremblay, porte-parole à la RACJ, indique que la Régie n’est pas insensible à la situation. 

«On a regardé la situation de près, mais pour l’instant, nous n’allons pas de l’avant. Ça prend une modification législative ou un décret et au moment où l’on se parle, c’est la loi qui s’applique», laisse-t-elle tomber. 

Avisée des accommodements des autres provinces, elle indique qu’elles ont sans doute fonctionné par décret, ce qu’il serait également possible de faire ici aussi. 

La porte-parole a également indiqué que la RACJ analyse comment elle pourrait «aider». 

«Je ne peux pas dire que la décision est finale», termine-t-elle. 

Une pétition à ce sujet circule présentement en ligne, sur le site de change.org.