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Doré: repartir à zéro et prospecter

Patrick Campeau
Photo d'archives En prenant le temps nécessaire pour explorer, inspecter, parcourir et ratisser de façon méthodique un nouveau plan d’eau, vous trouverez inévitablement les cachettes et les habitats des dorés.

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Depuis hier, dans la zone 8 et à compter de samedi prochain dans de nombreux autres secteurs, il sera possible de taquiner les percidés aux gros yeux. 

D’une année à l’autre, lors des deux ou trois premières semaines suivant l’ouverture, vous vous rendez aux mêmes spots que vous connaissez depuis longtemps. Qu’il s’agisse d’un lac ou d’une rivière à proximité de votre camp de pêche, du chalet d’un ami, d’une pourvoirie, d’une Zec, d’une Sépaq, peu importe, vous savez où aller, quoi faire et quoi utiliser pour faire réagir les poissons ciblés. 

Confinement  

Ne pouvant voyager à notre guise d’une région à l’autre, pour des raisons évidentes, plusieurs amateurs ne pourront se rendre à leurs endroits de prédilection préférés. Cela ne signifie pas pour autant que vous ne pourrez pas pêcher. 

Si vous êtes de Montréal, de la Rive-Nord ou de la Rive-Sud, sachez que ces secteurs ceinturés d’eau regorgent de beaux dorés de toutes tailles. Il suffit de penser au fleuve Saint-Laurent, aux lacs Saint-Pierre, Saint-Louis, des Deux-Montagnes, Saint-François et aux rivières des Prairies, des Mille-Îles, etc. qui sont tous reconnus comme étant fort productifs pour cette espèce. 

Même ailleurs dans la Belle Province, il y a des dizaines de milliers de plans d’eau poissonneux. Il y en a certainement un près de chez vous. 

Revenir à la base 

À vos débuts, lorsque vous vous êtes intéressé à la pêche, vous avez graduellement appris les techniques, les leurres et les approches. Puis, quand vous avez pu commencer à voler de vos propres ailes, vous avez dû passer à l’étape la plus ardue de cette activité de prélèvement, soit de prospecter et de trouver des endroits de pêche prolifiques. Je ne parle pas ici de partager des emplacements avec des amis, d’exploiter des lieux fréquentés par d’autres passionnés ou de faire le suiveux et d’agir par la suite comme si vous aviez découvert vous-même ces spots par magie ou par hasard. Je parle plutôt de partir à l’aventure et de tenter de trouver des sites poissonneux par vos propres moyens. Lorsque vous y arriverez, vous ressentirez un incommensurable sentiment de fierté et d’accomplissement. 

Pas à pas  

L’utilisation d’un sonar et d’une carte bathymétrique papier ou numérique seront des atouts précieux lors de vos recherches. Si vous ne pouvez compter sur ces sources d’informations, vous devrez redoubler de prudence au niveau de la navigation. Sachez toutefois que vous pourrez quand même les localiser puisque c’est à ce temps-ci qu’ils sont le plus faciles à repérer. Vous dénicherez de nombreux endroits de visu juste en scrutant l’horizon et le mouvement des eaux. Il est important de se rappeler qu’à la base, la période de reproduction vient de se terminer ou qu’elle est sur le point de finir dans les secteurs plus nordiques. Les mâles ayant flairé les hormones sexuelles des femelles, ils se sont rendus dans les lieux où les ébats se déroulent normalement à l’abri du courant principal, dans un secteur bien oxygéné avec des cailloux de 5 à 20 centimètres de diamètre dispersés sur un fond rocheux, graveleux, sablonneux ou mi-vaseux. Les endroits les plus faciles à découvrir sont les gueules de rivière, les jonctions des affluents, le pied des chutes, des rapides ou des barrages, les pointes qui font bifurquer le courant, les berges exposées aux vents dominants, la proximité de certaines plages et baies propices affichant une profondeur de moins de deux mètres, etc. 

Transitoire 

Si les poissons ne sont pas présents à ces endroits, cela signifie qu’ils ont commencé leur migration suivant la reproduction. Il faudra alors lorgner du côté des zones transitoires donnant accès aux premiers escarpements ainsi qu’aux lignes d’herbes immergées, aux plateaux, aux rochers submergés ou escarpés, aux îles sous-marines, aux fosses plus profondes, etc. En fait, toutes les structures qui peuvent servir d’habitat à ces prédateurs.  

Méthodes 

Je vous ai déjà parlé de Daniel Rousseau. J’ai eu l’occasion de participer à deux ouvertures avec cet excellent pêcheur qui est malheureusement décédé. Il rigolait quand il me voyait arriver avec mon gros coffret bondé d’offrandes de toutes sortes. Pour sa part, sa panoplie se résumait à quelques têtes de jig légères de moins de 3/16 d’once et à une poignée de curly tail, comme des Mister Twister et des Meeny ainsi que des Foxee Jig de Blue Fox. Il les laissait traîner derrière l’embarcation à basse vitesse avec un fil de faible résistance. Chaque fois, il a capturé plus de spécimens que moi. Je suis persuadé que sa technique fonctionne toujours aussi bien et que vous auriez intérêt à l’essayer. 

Pour ma part, à ce temps de l’année, j’aime bien me servir de poissons-nageur élancés plongeant à de faibles profondeurs. Ces derniers m’ont souvent aidé à localiser et à déjouer les percidés recherchés. Vous pouvez aussi opter pour des devons trapus s’enfonçant à moins de trois mètres, si vous exploitez des lignes de courant. 

Sachez toutefois que si vous voulez tenter votre chance dans les eaux du fleuve, les dorés y sont habituellement déjà vautrés sur les premiers escarpements et les bas-fonds et que la pêche à la dandinette ou au marcheur de fond fonctionne très bien.