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Enquêtes par courriel pour la COVID-19

La solution infonuagique de la santé publique doit être fonctionnelle mercredi avec trois semaines de retard

La plateforme du logiciel de la santé publique, lequel n’est pas encore 100 % opérationnel, est accessible sur internet.
Photo Didier Debusschere La plateforme du logiciel de la santé publique, lequel n’est pas encore 100 % opérationnel, est accessible sur internet.

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Québec ferme pour l’instant la porte à la géolocalisation des patients atteints de COVID-19 et mise sur un logiciel qui permet de suivre par courriel automatique la trace des personnes infectées et leurs contacts. Ce système tarde toutefois à être totalement fonctionnel. 

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Il y a deux mois, l’équipe du directeur de la santé publique, Horacio Arruda, a approché dans l’urgence l’entreprise de Lévis spécialisée en développement de plateformes informatiques en santé, Akinox Solutions. 

La plateforme du logiciel de la santé publique, lequel n’est pas encore 100 % opérationnel, est accessible sur internet.
Capture d'écran

«Ils voulaient un système qui puisse coordonner toutes les informations concernant un cas de COVID-19. Un système pour tracer la personne une fois que le dépistage est fait. Pour que le suivi soit fait jusqu’à ce que ce cas-là redevienne normal», souligne Arash Saidi, le responsable du développement corporatif chez Akinox. 

L’entreprise technologique agissait déjà comme consultant auprès du ministère de la Santé avant la pandémie. 

Arash Saidi souligne que le ministère de la Santé se penchait sur la possibilité de mettre en place des systèmes de dépistage et de traçages pour d’autres infections. 

«Tout s’est fait vraiment de manière très rapide. On a développé des solutions en quelques jours», a expliqué M. Saidi. 

Québec craignait les critiques 

Cependant, Québec craignait les critiques de la géolocalisation sur les téléphones cellulaires. 

La collaboration des citoyens grâce à des enquêtes épidémiologiques informatisées a donc été privilégiée. La géolocalisation a été retirée du projet. «L’utilisation de ces méthodes n’est pas une option actuellement pour le MSSS», a confirmé le porte-parole du ministère, Robert Maranda. 

Pour l’instant, la santé publique utilise Akinox pour colliger les coordonnées individuelles des patients. 

Ils se servent des fonctionnalités qui ont été conçues pour la surveillance des contacts relativement à l’Ebola. 

Le logiciel sera amélioré 

Des travaux d’amélioration du logiciel sont en cours depuis plusieurs semaines afin de permettre aux enquêteurs d’envoyer aux cas de COVID confirmés des questionnaires d’enquête et ainsi assurer le suivi des interventions le plus rapidement possible. 

«Les questions permettront d’obtenir le plus rapidement possible des informations sur l’état de santé de la personne, ses contacts étroits possibles, les lieux d’exposition qui sont nécessaires à la gestion des cas et des contacts, la gestion des éclosions et le portrait épidémiologique quotidien», souligne M. Maranda. 

Du retard 

Or, le déploiement de cette fonction tarde à être terminé, selon les mots du directeur de la santé publique. 

«Notre logiciel qui devait rentrer il y a trois semaines va rentrer seulement la semaine prochaine», a mentionné le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, lors d’un point de presse jeudi. Selon M. Arruda, Akinox doit permettre «de gérer les contacts de cas» affectés par la COVID. 

C’est la santé publique qui doit gérer la banque de données et les informations personnelles des citoyens. Seules les infirmières – ou toute autre personne autorisée par le directeur de santé publique régionale – peuvent y avoir accès, indique le MSSS. 

Même si la plateforme est accessible au moyen du web, Arash Saidi, d’Akinox, assure que l’application est sécuritaire. 

COMMENT ÇA FONCTIONNE?  

  • Le patient positif à la COVID-19 donne son courriel, ses coordonnées et celles de son entourage 
  • Les informations sont transférées à la santé publique via le logiciel Akinox 
  • Le logiciel envoie automatiquement des questionnaires d’enquête par courriel 
  • Suivi du patient avec des messages automatiques et possibilité de vidéoconférences 
  • Messages automatisés des recommandations d’isolement pour surveiller leurs symptômes pendant 14 jours  
  • Messages automatisés envoyés aux personnes qui ont terminé leur période de surveillance afin de lever les mesures d’isolement  

QUELLES SONT LES DONNÉES DES QUÉBÉCOIS QUI PEUVENT SE RETROUVER SUR LA PLATEFORME?  

  • Des informations permettant d’identifier hors de tout doute le patient 
  • Numéro d’assurance maladie 
  • Des informations permettant de réaliser le travail des directions de santé publique : état de santé, facteurs de risques, lieux d’exposition et contacts étroits