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Je suis un gérant d’estrade

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Cette semaine, le bon docteur Arruda a dénoncé les gérants d’estrade, les accusant de prétendre détenir la vérité absolue lorsqu’ils osent poser des questions. 

Coupable 

Docteur Arruda, je suis probablement l’un de ces gérants d’estrade. 

Évidemment, je ne suis pas dans vos souliers ni dans ceux du premier ministre et je ne voudrais pas m’y trouver. 

Mais je suis un gérant d’estrade avec deux jeunes enfants qui vont retourner à l’école et qui se demande parfois dans quelle galère il les a embarqués, ou comment ils vont réagir et s’ils encourent un risque. 

Je suis un gérant d’estrade avec une conjointe qui travaille dans le milieu de la santé et qui se demande sans cesse si elle se met en danger en allant exercer sa vocation. 

Je suis un gérant d’estrade avec une grand-maman de 94 ans au CHSLD de LaSalle et qui se demande si la COVID qu’elle a chopée dernièrement va lui coûter la vie, et si on s’occupe bien d’elle dans ce triste mouroir. 

Je suis un gérant d’estrade avec des parents et une belle-mère qui se morfondent chacun chez soi, et qui se demandent quand ils auront la joie d’étreindre leurs petits-enfants en toute sécurité. 

Porte-voix 

Alors oui, je suis un gérant d’estrade. Derrière les questionnements, les doutes et les critiques que j’évoque, il y a ma voix, mais celle de milliers de gens qui partagent ces réflexions et bien d’autres. 

Ni moi, ni mes collègues, ni la population n’avons envie de jouer au quart-arrière du lundi matin. Mais la vérité, c’est que bien que nous soyons perchés dans les estrades, on nous demande aussi de porter le ballon. 

Nous ne sommes pas que des observateurs, nous sommes également des joueurs. 

Des joueurs qui veulent s’assurer que le plan de match est le bon. À mon sens, cela est légitime, quoi que vous en pensiez.