/news/coronavirus
Navigation

Les Québécois s’arrachent les produits sanitaires

Les distributeurs peinent à répondre à la demande en raison de pénuries

Guy Côté
Photo Agence QMI, Roger Gagnon Guy Côté, directeur général de Produits Sanitaires Lépine, dont le siège social est à Saguenay, peine à répondre à la demande de produits désinfectants depuis le début de la crise de la COVID-19.

Coup d'oeil sur cet article

Les distributeurs de produits sanitaires québécois connaissent des semaines fastes, les gens s’arrachant littéralement leurs produits, mais les pénuries et restrictions jettent de l’ombre sur cette période historique dans laquelle l’industrie est arrivée mal préparée.

Guy Côté, directeur général de Produits Sanitaire Lépine, l’admet sans détour, son entreprise fait partie des chanceuses de la crise de la COVID-19.

La situation aurait toutefois pu être encore plus fructueuse n’eût été de pénuries et de restrictions imposées par l’industrie. 

« La gestion des stocks est épouvantable, c’est vraiment compliqué. On est en rationnement. Ça fait qu’on refuse des ventes chaque jour et je dirais même chaque heure », confie M. Côté. 

Ce dernier a d’ailleurs fait l’exercice de chiffrer ces demandes refusées. Le constat est frappant. « Je dirais que pour 1 million $ de chiffre d’affaires, je perds entre 200 000 et 300 000 $ en vente qu’on doit refuser », laisse-t-il tomber. 

Industrie mal préparée

Mario Lamarche, du Groupe Dissan, observe le même phénomène. Il croit malgré tout que l’industrie aurait eu la capacité de répondre à la demande. On a minimisé ce qui nous a finalement éclaté au visage.

« L’industrie a connu la grippe H1N1. “The Big One” qu’on nous disait. Tout le monde a stocké en fou et on a jeté des conteneurs plein de masques et d’assainisseurs à main les années suivantes parce que c’était expiré », se rappelle M. Lamarche.

« Les fabricants et les distributeurs ont donc mis les freins quand la COVID-19 est arrivée. Personne ne voulait se faire avoir deux fois ».

Ce dernier compare aujourd’hui ses acheteurs à des courtiers de Wall Street à l’ouverture des marchés tellement c’est la folie du rattrapage.

« Il y a environ 10 produits critiques qui occupent 90 % de nos énergies. C’est un marathon chaque jour pour essayer de trouver des produits disponibles », explique le directeur général. 

Chez V-TO, l’appétit des clients pour ces produits force la direction à proposer des solutions de rechange. 

« On n’est pas dans les plans B ou C, on est plus dans les solutions F, G, H », illustre le coordonnateur au marketing de l’entreprise basée à Saint-Hyacinthe, Marc-André Morin, soulignant que l’entreprise s’est résignée à produire des capsules vidéo où elle propose des recettes de désinfectant maison pour ses clients.

Ventes stoppées trois jours

En fait, la demande a tellement été importante que Produits Sanitaires Lépine a même dû stopper pendant trois jours ses ventes en ligne en mars.

Comme si l’entreprise ne vendait pas du désinfectant et du papier de toilette, mais bien le nouveau iPhone ou un autre truc techno mondialement attendu.

« Vous m’auriez dit qu’un jour j’aurais à faire ça, jamais je ne vous aurais cru. Dans le domaine des produits nettoyants ? Jamais de la vie », lance Guy Côté, un sourire dans la voix.