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Marie-Sol St-Onge: réinventer son quotidien totalement

Marie-Sol St-Onge
Photo courtoisie Marie-Sol St-Onge

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Après avoir été attaquée par la terrifiante bactérie mangeuse de chair, l’artiste Marie-Sol St-Onge a dû subir une quadruple amputation en 2012. Très résiliente, elle offre un témoignage plein de vie, d’espoir et d’optimisme, en dépit des défis immenses qu’elle relève chaque jour, dans son livre, Se relever sans mains ni pieds.  

La vie de Marie-Sol St-Onge a changé du tout au tout il y a quelques années. Le 8 mars 2012, elle a été admise à l’urgence de l’hôpital de Trois-Rivières. Diagnostic : une attaque foudroyante par la bactérie mangeuse de chair, qui a bien failli lui coûter la vie.   

Contre toute attente, et au moment où ses espoirs s’envolaient, Marie-Sol a survécu. Elle a perdu quatre membres et tous les matins, elle doit installer deux bras et deux jambes artificiels pour fonctionner. Elle a dû réinventer sa vie au quotidien.   

Déterminée, elle a fait le deuil de beaucoup de choses mais a choisi de garder le cap sur ses rêves et ses objectifs. Son témoignage fait réfléchir et remet les choses en perspective.   

Dans le contexte actuel, elle a un message important à passer aux gens. « Je ne suis pas une donneuse de leçons. Mais je pense au confinement. Nous, les personnes handicapées, on a eu à vivre ce changement de vie, surtout pour les personnes comme moi, dont le handicap est arrivé en cours de vie. C’est perdre toute sa liberté, du jour au lendemain, et on dirait que le confinement, c’est ce que ça fait à tout le monde. Cette épreuve, tout le monde la vit en même temps. »   

Le soleil revient  

Au fil des épreuves, elle a développé des outils qui lui permettent maintenant de faire face à la crise. « Dans ma famille, ce n’est pas vraiment un drame d’être en confinement. On sait qu’il y a de la lumière au bout du tunnel et qu’il va y avoir une fin. Si je peux rappeler ça, avec mon histoire, qu’à un moment donné, le soleil revient et brille à nouveau, tant mieux ! »   

Marie-Sol St-Onge sait ce que signifient les mots « confinement » et « adaptation » : toutes les sphères de son existence ont été touchées par ce qui lui est arrivé. « À l’hôpital, j’étais complètement dépendante de tout le monde, pour tout. Pour m’occuper, dans une journée, j’ai regardé des murs, et j’ai lu 20 000 fois le même poster qui était affiché dans ma chambre d’hôpital. Je me dis que ça m’a quand même outillée pour faire face à une situation du genre, qui est quand même un bris de normalité. »   

Trouver sa passion  

Marie-Sol garde le moral et se souvient d’avoir été motivée par l’idée de retrouver les siens et reprendre de l’autonomie. « Ma passion pour la peinture, pour les arts, ça m’a fait avancer. C’était un moteur et j’en parle beaucoup dans mes conférences. Il ne faut pas attendre qu’il y ait une pandémie comme aujourd’hui pour chercher quelque chose qui nous passionne. »   

Cette combattante a le sentiment qu’il va y avoir du bon qui va ressortir de tout ça, au bout du compte. « Quand on a traversé une épreuve, la superficialité et s’enfarger dans les fleurs du tapis, on fait le ménage dans ça. On revoit nos priorités pour les axer sur ce qui fait qu’on est heureux et que la vie est belle. »    

Extrait   

<b><i>Se relever sans mains ni pieds</i></b><br/>
Marie-Sol St-Onge<br/>
Éd. de Mortagne<br/>Environ 300 pages<br/>
Photo courtoisie
Se relever sans mains ni pieds
Marie-Sol St-Onge
Éd. de Mortagne
Environ 300 pages

« Adapter ses objectifs est une prémisse qui n’est pas toujours évidente à accepter quand on a la trentaine et qu’on est maman de deux jeunes garçons. Il est très frustrant de se voir retirer son autonomie alors qu’on vient tout juste de la transmettre à ses enfants. Il n’y a pas si longtemps, je les aidais encore à s’habiller et, aujourd’hui, ce sont eux qui montent la fermeture éclair de mon manteau. Je suis capable de le faire seule. Mais à quoi bon perdre de précieuses minutes à m’acharner lorsque des petites mains habiles s’offrent pour me prêter main-forte ? »  


♦ Marie-Sol St-Onge est auteure, conférencière et artiste peintre (lesillusarts.com)  

♦ Elle habite à Trois-Rivières.  

♦ Elle est suivie par près de 14 000 personnes sur Facebook  

♦ Elle a fait l’objet d’un documentaire à Canal Vie en 2015.