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L'OSQ à la recherche de son prochain chef

La crise de la COVID-19 prolongera le processus de sélection

L'OSQ à la recherche de son prochain chef
Photo Jean-François Desgagnés

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Fabien Gabel a terminé son mandat à la barre de l’Orchestre symphonique de Québec. Le processus visant à lui trouver un successeur est en cours et risque de se prolonger en raison de la situation actuelle. 

Les recherches devaient se poursuivre tout au long de la prochaine saison. Une saison qui est en ce moment parsemée de points d’interrogation. 

L'OSQ à la recherche de son prochain chef
Photo Jean-François Desgagnés

Des candidats sont venus à Québec diriger des programmes lors de la saison qui a pris fin abruptement le 12 mars dernier et d’autres devaient faire de même lors de la saison 2020-2021. 

On peut identifier, dans la brochure de la saison qui était en cours, les noms des chefs André de Ridder (Allemagne), Otto Tausk (Pays-Bas), Enrique Mazzola (Italie) et des maestros français Pierre Bleuse et Julien Masmondet. 

Des chefs québécois, canadiens, américains, européens et australiens sont dans la mire de l’ensemble québécois. 

Un comité de 12 personnes, présidé par la rectrice Sophie D’Amours, de l’Université Laval, incluant quatre musiciens de l’orchestre, travaille sur ce dossier. 

Astrid Chouinard, directrice générale de l’Orchestre symphonique de Québec, explique que le remplacement d’un chef est un très long processus. 

Elle rappelle que l’Orchestre symphonique de Montréal a mis quatre longues années avant d’engager Kent Nagano et que les Violons du Roy ont mis deux ans et demi avant de faire de même avec le chef anglais Jonathan Cohen. 

«Il faut avoir le temps de les faire venir, les voir diriger et les évaluer. C’est quelque chose qui ne se fait pas en six mois ou un an et rarement en bas de deux ans», a-t-elle fait remarquer, lors d’un entretien téléphonique. 

L'OSQ à la recherche de son prochain chef
Photo Jean-François Desgagnés

Pas d’urgence 

Le processus de sélection du 12e chef de l’histoire de l’OSQ sera nécessairement prolongé. Il est impossible de savoir à quel moment l’orchestre pourra redémarrer la machine et présenter des concerts à nouveau. 

Est-ce que les candidats qui devaient venir à Québec seront en mesure de le faire? Est-ce qu’ils seront disponibles? Est-ce que les concerts qu’ils devaient diriger seront toujours présentés? Impossible de prévoir. 

Astrid Chouinard précise que certains candidats devaient se pointer à Québec à l’automne 2021. 

«Ça sera intéressant de voir qui seront les premiers qui pourront, l’année prochaine, venir diriger à Québec. Nous ne sommes pas à l’abri d’un coup de foudre. Tout peut arriver», a lancé la directrice générale de l’OSQ. 

Elle précise que le processus de sélection est encadré et très sérieux. L’OSQ est à la recherche d’un chef pour une longue période et qu’il va aussi marquer l’orchestre avec sa vision. 

«Il ne faut pas manquer notre coup. On est mieux de prendre plus de temps s’il le faut», a-t-elle fait remarquer, ajoutant que le processus de sélection ne se fera pas dans l’urgence. 

Fabien Gabel demeure associé à l’OSQ dans un rôle de conseiller musical pour la saison 2020-2021. Une saison qui a été bâtie avec le directeur de l’administration artistique Joël Brouillette et aussi avec le comité de sélection en fonction des candidats invités. Le chef originaire de Paris devait aussi être à la barre de plusieurs programmes lors de la prochaine saison. 

Reprise graduelle 

Astrid Chouinard est incapable de prédire ce qui se passera au cours des prochains mois. Toutes les activités de l’orchestre et les concerts estivaux qui étaient prévus ont été annulés. 

Une consultation est en cours avec la ministre de la Culture, Nathalie Roy, et différents organismes culturels afin de préparer une éventuelle relance. 

«On pense que ça va se faire graduellement. On espère, cet été, pouvoir faire certaines actions seulement avec nos musiciens. Essayer de faire quelques répétitions, penser à faire une captation et aussi essayer des choses au Grand Théâtre et éventuellement au Palais Montcalm. Une sorte de période d’essais et d’erreurs afin de pouvoir ensuite reprendre graduellement à l’automne», a-t-elle indiqué. 

La directrice générale est pas mal certaine que l’automne sera très affecté avec des artistes qui viennent de l’extérieur et en raison de tout toutes les consignes de santé et de sécurité. 

«On pense à une salle avec 20% du public. Ce qui serait tout un défi financièrement. On n’aura pas le choix de passer par toutes les étapes avant pouvoir revenir à une certaine normalité. Et ça, ça risque d’arriver en 2021», a-t-elle fait savoir. 

Adaptation et souplesse 

Cette éventuelle relance se fera en souplesse et en adaptation. Elle pourrait se faire avec des concerts plus courts, sans pause et présentés devant un public restreint. Et avec des musiciens espacés sur scène et des gens qui entrent par un côté de la salle et qui sortent par l’autre. 

Astrid Chouinard pense aussi à des prestations enregistrées avec diffusions en direct sur Facebook, sur certaines plateformes et avec la participation des grands réseaux de télévision. 

«Il y a des opportunités à saisir et une possibilité de faire les choses d’une autre façon. On a tous intérêt à développer ces habiletés-là», a-t-elle indiqué. 

L’OSQ va survivre à cette crise. 

«Ian Simpson, contrebassiste de l’OSQ, disait dans une entrevue que l’ensemble, qui est le doyen des orchestres au Canada, a connu la crise de 1929, la grippe espagnole, les deux guerres, la grande noirceur, la Révolution tranquille et d’autres événements et qu’il est toujours là. Je suis convaincu, qu’il va être là pour longtemps encore, lorsque cette crise sera passée», a laissé tomber la directrice générale. 

D’ici là, l’OSQ continuera, avec son opération réconfort, à mettre en place des initiatives et des surprises sur les réseaux sociaux.