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Le Cirque du Soleil recrute la Banque Nationale

La banque aidera le CA à choisir la meilleure stratégie

Mitch Garber
Photo Francis Halin La Banque Nationale aidera le CA, présidé par l’homme d’affaires Mitch Garber, dans ses efforts de sauvetage du Cirque.

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Confronté à un effondrement de ses revenus, le Cirque du Soleil mandate la Banque Nationale pour explorer divers scénarios de survie, incluant sa vente à une autre entreprise.   

Le Cirque a confié la semaine passée à la banque montréalaise le soin de l’aider à déterminer de quelle façon elle pourra se relever de la crise du coronavirus.   

« Nous confirmons que la Financière Banque Nationale a été mandatée à titre de conseillère par le Cirque du Soleil. Nous n’aurons pas d’autres commentaires », nous a indiqué hier par courriel Jean-François Cadieux, porte-parole de la Banque Nationale. L’information nous a aussi été confirmée par le Cirque.  

La banque devra notamment aider le conseil d’administration présidé par l’ex-dragon Mitch Garber à déterminer s’il est plus avantageux pour l’entreprise d’être vendue ou d’obtenir une nouvelle injection d’argent de ses propriétaires actuels.  

C’est le fonds américain TPG (à 55 %), le groupe chinois Fosun (à 25 %) et la Caisse de dépôt et placement (à 20 %) qui détiennent aujourd’hui le Cirque.  

Manque d’argent  

Ils ont injecté la semaine dernière 50 millions de dollars américains d’argent frais dans le Cirque, mais ce ne sera vraisemblablement pas suffisant.  

L’entreprise de divertissement montréalaise a annoncé à la fin mars envisager la faillite, parmi d’autres scénarios, alors que la crise du coronavirus l’a contrainte à annuler l’essentiel de ses spectacles. Quelque 4700 employés ont été mis à pied temporairement.  

Avant même la crise, l’entreprise traînait une lourde dette de près d’un milliard de dollars américains héritée en partie de son achat par le groupe de propriétaires en 2015.  

Une acquisition sensée  

Dans une note diffusée hier, l’analyste Adam Shine, de la Nationale, juge que l’intérêt qui a été manifesté par le géant Québecor pour le Cirque du Soelil n’est pas dénué de sens.  

Ce dernier souligne que le Cirque était déjà affligé par plusieurs problèmes sérieux avant la crise. Entre autres, son spectacle R.U.N. à Las Vegas, qui aurait coûté 70 millions $ US à produire, a été un flop total.  

L’entreprise aurait aussi perdu de l’argent en Chine et à New York.  

Moins de risques  

L’idée d’un Cirque plus petit mais plus rentable, telle que véhiculée par Québecor la semaine passée, trouve donc écho auprès de l’analyste. Cette stratégie moins risquée pourrait mener, selon lui, « à une situation financière moins précaire » pour le Cirque, « où le cœur des opérations rentables serait optimisé efficacement ».  

Selon Adam Shine, la valeur de l’entreprise pourrait alors se situer autour d’un milliard de dollars américains.  

L’analyste estime aussi que l’intérêt de TPG et de Fosun à poursuivre dans l’aventure du Cirque dépendra probablement de l’ampleur des aides gouvernementales à la fois québécoise et fédérale dans le Cirque.  

« Il reste aussi à voir ce que la Caisse voudra faire », note-t-il.