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Le fédéral vole à la rescousse d’Air Canada

Des milliers de clients attendent un remboursement

entrée en service du premier A220 d’Air Canada
Photo d'archives, Ben Pelosse Le PDG d’Air Canada, Calin Rovinescu, pose devant le tout premier avion Airbus A220 du transporteur, dévoilé en janvier.

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Le gouvernement fédéral prête 788 millions de dollars à Air Canada sans demander au transporteur de rembourser les milliers de clients qui ont vu leurs réservations annulées.  

Air Canada a annoncé le financement la semaine dernière, mais sans mentionner qu’il provenait d’Exportation et Développement Canada (EDC), une société d’État fédérale. 

Le prêt est garanti par les quatre avions Airbus A220 récemment acquis par Air Canada et 14 autres que l’entreprise doit recevoir d’ici la fin de l’année. Les fonds peuvent être utilisés « aux fins générales de l’entreprise », a indiqué Air Canada. 

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Ce financement temporaire doit être remplacé par un prêt à long terme d’EDC, et ce « vers la fin de 2020 », a-t-on précisé. 

« EDC est là pour soutenir les entreprises canadiennes quoi qu’il advienne », a affirmé une porte-parole, Zoé de Bellefeuille, en assurant que l’organisme n’accordait pas de subventions. 

Air Canada est également l’un des principaux bénéficiaires de la subvention salariale d’urgence, qui lui procure un gain net de quelque 37 M$ par mois. Le programme devait prendre fin au début juin, mais la semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé qu’il allait être prolongé pour « un bon moment ». 

« Le beurre et l’argent du beurre » 

Chez Option Consommateurs, on souhaiterait qu’Ottawa lie tout soutien financier à l’obligation de rembourser les voyageurs dont les vols ont été annulés en raison de la pandémie.  

Sinon, « c’est comme avoir le beurre et l’argent du beurre », estime Élise Thériault, avocate pour l’organisme. 

Pour l’instant, Air Canada et les autres transporteurs se contentent d’offrir des crédits valides pendant deux ans. 

Le professeur Jacques Roy, de HEC Montréal, s’oppose toutefois à une telle obligation tant que l’industrie aérienne ne jouira pas d’un programme d’aide spécifique. 

Selon ses plus récents états financiers, Air Canada détient plus de 2,6 milliards $ en sommes versées par ses clients pour des voyages qui n’ont pas encore eu lieu. 

Au début de la crise, EDC est venue en aide à une autre compagnie aérienne : Porter--- Airlines, qui a reçu un financement de 135 M$.