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Obamagate: les sénateurs républicains opposés à une enquête

Barack Obama et Donald Trump
Photo d'archives, AFP Barack Obama et Donald Trump

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Donald Trump n’allait pas se satisfaire de l’intervention de William Barr dans le dossier de Michael Flynn.  

Le procureur général des États-Unis a essuyé de vives critiques après avoir demandé qu’on abandonne les accusations contre l’ancien conseiller à la sécurité nationale. Des centaines d’anciens du département de la Justice, des vétérans d’administrations démocrates et républicaines, ont d’ailleurs demandé le départ de William Barr en raison de ses assauts répétés contre l’État de droit. 

Parmi les voix entendues pour dénoncer l’intervention, on retrouvait celle de Barack Obama. Il n’en fallait pas plus pour que Donald Trump gazouille furieusement. Si la demande de Barr lui permet une fois de plus de crier à la chasse aux sorcières, il n’a pas manqué d’ajouter à la controverse. Il a dénoncé les tentatives de son prédécesseur pour empêcher son élection. 

Comme c’est bien souvent le cas lorsqu’il s’agit d’Obama, les accusations de Trump sont sans fondement. Si je n’ai pas relevé l’accusation dimanche ou lundi, c’est que je jugeais que ça ne valait pas le coup. Cette dernière attaque est tout aussi ridicule que le faux débat autour du lieu de naissance du premier président noir. 

Je rappelle au passage que les partisans d’Hillary et plusieurs autres démocrates avaient critiqué le président Obama après la victoire de Donald Trump. On lui reprochait d’avoir été trop discret sur les enquêtes entourant les proches du candidat républicain.  

Si James Comey ne s’était pas gêné pour intervenir deux fois dans le dossier des courriels de Mme Clinton, on déplorait que le président ait préféré s’abstenir de commenter par crainte d’être accusé de partisanerie. Pourquoi rédiger un billet sur ce sujet cet après-midi si je considère que ces accusations ridicules ne servent qu’à détourner l’attention des problèmes de l’administration? D’abord pour répondre aux lecteurs du blogue qui appuient le président et qui croient que j’ignore sciemment des «magouilles» démocrates, mais, surtout, pour préciser que même les élus républicains n’appuieront pas leur président dans ce dossier. 

Le meneur républicain McConnell peut bien affirmer que Barack Obama «aurait dû se la fermer», il n’y aura pas de suite à la demande du président Trump. Il était intéressant d’écouter les républicains contourner les questions des journalistes sur ce point. S’ils disent tous comprendre la frustration du président, aucun d’entre eux ne s’aventurait à appuyer sa requête. 

Nous sommes habitués aux exagérations de Donald Trump et il a «livré la marchandise» une fois de plus dans ce dossier. Le crime commis par Obama serait le pire de l’histoire politique américaine! Watergate? De la petite bière... 

Lorsque des journalistes ont demandé au président de préciser la nature de ce terrible crime qu’il reproche à son prédécesseur, Donald Trump s’est contenté de répondre qu’il s'agissait d'une évidence et que tous devraient savoir de quoi il en retourne.  

Devriez-vous continuer à suivre de près cette histoire? Devons-nous être sur le qui-vive dans l’attente d’un véritable scandale d’ici l’élection de novembre? Il ne faut jamais exclure une surprise, surtout pas dans un contexte aussi volatile que celui de la COVID-19, mais cette surprise ne proviendra pas d’un complot imaginaire lié à l’administration Obama. 

Quand on sait à quel point les élus républicains ont renoncé à condamner les affirmations les plus folles ou les plus controversées de leur président, la retenue dont ils ont fait preuve hier ne peut être perçue que comme une preuve supplémentaire du manque de sérieux des accusations.