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À la défense du Dr Arruda

Dr Horacio Arruda
Photo Stevens LeBlanc Dr Horacio Arruda

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Je me demande: il est où le malaise? Le Dr Arruda qui se filme en dansant pour une bonne cause ou les excuses obligées qu’il a dû prononcer en conférence de presse? 

Je me demande aussi pourquoi les réseaux sociaux se sont déchainés contre le Dr Arruda, sans connaître les circonstances et la date à laquelle la vidéo a été tournée? 

Je me demande finalement ce qu'il y a d’indécent ou d’irresponsable à se filmer – sans arrière-pensée – pour une cause aussi noble que le Refuge des jeunes de Montréal? 

Je me pose la question, et sincèrement je ne trouve pas. 

Je sais, le club de l’indignation quotidienne a une réponse déjà préparée pour moi: «Il danse pendant que 100 personnes meurent tous les jours au Québec! C’est irresponsable!» 

Soyons prudents et ne mélangeons pas tout. 

Le Dr Arruda peut très bien faire son travail, avec tout le sérieux et la rigueur nécessaire, tout en usant de sa notoriété pour appuyer des causes. Et danser s’il le faut. 

Ne soyons pas cyniques au point de réduire son travail à une maladresse, encore moins si cette maladresse a permis d’amasser de l’argent aux jeunes dans le besoin. 

Je dirais même qu’au contraire, nous devrions le remercier de partager avec nous sa personnalité colorée en ces temps sombres. 

L’Horacio show 

La polémique entourant la danse du docteur s’inscrit dans une tendance plus lourde des dernières semaines. 

Les critiques contre le gouvernement se réveillent, et elles avaient visiblement bien hâte de se trouver un os à gruger. 

Mais, dites-moi, qu’est-ce qu’on reproche au Dr Arruda au juste? De prendre trop de place? D’être trop joyeux? D’être un amuseur public? 

Bien sûr qu’il est exubérant, bien sûr qu’il possède un franc-parler, bien sûr qu’il fait réagir en se tapant sur les mains pour aplatir la courbe ou en disant qu’il va cuisiner des tartelettes portugaises. 

Et puis? C’est si dérangeant pour vous? 

L’Horacio show – comme certains l’ont nommé – a non seulement permis de nous faire décrocher et de nous unir en ces temps incertains, mais aussi de sauver des vies. Littéralement. 

Comment? Par le lien de confiance que les Québécois ont développé avec le Dr Arruda. 

Et ce lien s’est bâti notamment par la pédagogie et la vulgarisation propres au directeur de la santé publique. 

C’est justement ce lien intime entre le trio gouvernemental et la population qui a permis le respect des consignes sanitaires: confinement, lavage des mains, distanciation sociale et maintenant le port du masque. 

Et donc, si le Dr Arruda n’était pas devenu le «personnage Arruda», il y en aurait eu encore plus de cas, encore plus de décès, sur une période encore plus longue. 

Sans cette cohésion sociale, nous pourrions plutôt subir le chaos désorganisé dans lequel les Américains sont présentement plongés avec un président en perdition qui détruit le lien de confiance des Américains envers leurs institutions. 

Être juste 

Je ne crois pas qu’il faille arrêter de contester les incohérences du gouvernement et ses zones d’ombres. Il y en a, et les journalistes font leur travail pour les débusquer. 

Je ne crois pas non plus qu’il faille avaler toutes les décisions sans contester leur bien-fondé, sans demander des explications claires, comme pour l’ouverture des écoles dans les régions. 

Je crois surtout qu’il faut reconnaître notre chance. 

Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur un directeur de la santé publique qui se présente à nous, jour après jour, qui travaille d’arrache-pied et essaie de sauver le plus de vies possible. 

Le fait qu’il danse, le fait qu’il soit coloré, le fait qu’il aime les caméras, ce sont des détails des plus insignifiants. 

L’important, c’est la santé des Québécois. 

Le reste, les scandales à cinq cennes, on les retrouvera lorsque Catherine Dorion remettra son coton ouaté...