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COVID-19: les patineurs s’impatientent

L’équipe de courte piste souhaiterait au moins avoir accès aux parcs de Montréal

Frédéric Blackburn
Photo d'archives, Alain Bergeron L’entraîneur de l’équipe canadienne féminine de patinage de vitesse courte piste, Frédéric Blackburn, aimerait avoir accès à des espaces extérieurs pour tenir des entraînements collectifs, à défaut de retrouver la glace de l’aréna Maurice-Richard.

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Quand l’épidémie de la COVID-19 à Montréal inquiète le premier ministre François Legault, elle a le même effet sur les athlètes de haut niveau qui ne voient pas le jour où ils retrouveront leurs lieux d’entraînement. 

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L’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste illustre bien l’inconnu qui tourmente l’élite sportive d’ici à la reprise normale des activités. Kim Boutin, Steven Dubois et leurs coéquipiers, qui devraient déjà multiplier des tours sur la glace depuis le 13 avril, doivent se limiter à des programmes individuels d’entraînement. 

« Ce serait une bonne étape si on pouvait au moins avoir le droit de s’entraîner dans des parcs. On pourrait faire de l’entraînement en groupe, tout en respectant les règles de distanciation. Le plus tôt qu’on pourra s’entraîner en groupe, ça nous permettra de procurer une intensité plus élevée à nos athlètes », expose Frédéric Blackburn, entraîneur de l’équipe féminine. 

Le sort des patineurs de courte piste dépend de deux autorités, soit le Parc olympique pour l’Institut national du sport du Québec (INSQ) et la Ville de Montréal pour l’aréna Maurice-Richard. Pour l’heure, aucun indice ne laisse entrevoir la réouverture de leur domicile qui a été converti en refuge pour des personnes itinérantes durant la pandémie. 

Problématique pour les hommes 

La fermeture temporaire de l’INSQ les empêche également de profiter des installations pour de l’entraînement en musculation. Le patineur Charles Hamelin a partagé sur sa page Facebook l’espace contenant un vélo stationnaire et des poids qu’il a dû aménager chez lui, des moyens du bord qui justifient l’urgence de retrouver un environnement adéquat, selon Frédéric Blackburn. 

« On a fourni de l’équipement aux filles, ce qui fait qu’on peut quand même avoir un certain développement de musculation. Mais le travail de force est plus compliqué chez les gars qui peuvent parfois avoir le double de charge », observe l’entraîneur. 

L’impatience des patineurs s’explique aussi en raison des échéanciers. Afin de se préparer adéquatement en vue des épreuves canadiennes de sélection prévues du 18 au 20 septembre, un retour sur la glace de l’aréna Maurice-Richard est souhaité au moins deux mois auparavant, ce qui donne la mi-juillet comme délai jugé raisonnable. 

Après les fêtes ? 

« En courte piste, le feeling de la glace est important. C’est pour ça qu’on patine de plus en plus tôt », affirme Blackburn, pour qui le silence de l’Union internationale de patinage (ISU) sur un calendrier de la prochaine saison contribue davantage à l’incertitude. 

« On ne sait pas si on aura une saison de compétitions, peut-être que ça ira juste après les Fêtes », dit-il. 

« On est content d’avoir des médailles en Coupe du monde, mais les Championnats du monde [à Rotterdam, du 12 au 14 mars 2021] demeurent l’objectif principal durant une saison. Si on ne fait pas de Coupes du monde, ou presque pas, on va donc faire plus de compétitions à l’interne. »  

Prêt à rouvrir au signal  

Que les gens actifs se consolent si leurs espaces pour bouger demeurent limités : la fermeture des installations sportives rend aussi orphelins les meilleurs athlètes du Québec. 

L’exemple le plus évident pour illustrer le ralenti qui empêtre l’élite sportive se trouve à l’Institut national du sport du Québec (INSQ), verrouillé depuis le 14 mars. Fourmilière d’entraînement et de services pour des athlètes et entraîneurs de diverses équipes nationales, ce complexe du Parc olympique de Montréal ne voit plus ses quelque 350 utilisateurs quotidiens issus des 10 sports résidents (boccia, boxe, escrime, gymnastique, judo, natation artistique, natation, patinage de vitesse courte piste, plongeon et water-polo). 

« On est dans une zone chaude à Montréal, alors on ne sait pas quand on va rouvrir », nous dit Gaëtan Robitaille, président-directeur général de l’INSQ. 

« Quand je recevrai l’appel pour me dire “ok, vous pouvez recommencer”, on saura ce qu’on a à faire dès le jour 1 », assure-t-il. 

Un plan en vue 

La majorité des 60 employés ont été épargnés par des mises à pied, ce qui permet à l’INSQ de maintenir à distance certains services aux équipes nationales (médicaux, psychologiques, préparation physique, etc.). Deux semaines avant la reprise progressive des activités individuelles extérieures annoncée hier par le gouvernement, le personnel de l’INSQ avait lancé sa propre réflexion sur une réouverture éventuelle. 

« Il faut qu’on soit prêt, qu’on ait acheté l’équipement, qu’on fasse les aménagements appropriés, etc. Depuis quelques semaines, on travaille dans cette perspective », indique Robitaille. 

Des contraintes 

Le plan de relance de l’INSQ est soumis à diverses contraintes, dont celles de la distanciation et de la limite de rassemblement établie à 250 personnes. 

« Il faut penser qu’on a des sports de combat chez nous (escrime, boxe et judo). Il faudra trouver une façon pour pouvoir tenir des entraînements individualisés qui respecteront les mesures d’hygiène. On est capable de mettre en place des mesures, mais à court terme, ça me surprendrait qu’il puisse y avoir des combats de judo tête-à-tête », affirme le dirigeant. 

« Est-ce que la situation à Montréal va faire en sorte qu’on sera ralenti dans notre réouverture ? Peut-être. Mais on travaille pour démontrer aux autorités de la santé publique qu’on est capable de contrôler la situation le mieux possible. »