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La PCU et «l’effet farniente»

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Photo AFP Par laxisme, le fédéral tire dans le pied des employeurs qui veulent relancer l’économie.

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Ça fait déjà un moment qu’on s’interroge sur les effets pervers de la fameuse Prestation canadienne d’urgence (PCU). Et plus les questions sont nombreuses, moins les réponses sont claires. 

Évidemment, lorsque le premier ministre Trudeau a annoncé la mise en place de ce programme permettant aux Canadiens touchés économiquement par la COVID-19 de recevoir un montant de 2000 $ par mois, il se trouvait peu de gens pour s’opposer.

  • Écoutez l'entrevue du PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec Charles Milliard avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

 

La crise la plus importante de notre histoire moderne prenait forme et il ne fallait surtout pas laisser en plan un si grand nombre de contribuables. 

Est-ce que c’était parfait ? Non ! Mais au moins, ça permettait d’éviter bon nombre de catastrophes humaines. 

Moindre mal 

Cela étant dit, il n’en demeure pas moins que le contrecoup le plus pervers de la PCU, c’est ce que j’appellerais « l’effet farniente ». 

Mais non, mais non, je n’insinue pas que nous sommes un peuple de paresseux. 

Seulement, nous sommes plutôt perspicaces et nous aimons passer du temps en famille. Disons que pour certains, la PCU peut représenter un compromis très acceptable. 

Qui plus est, le conditionnement d’antan sur la pénurie de la main-d’œuvre a créé une génération de travailleurs sélectifs, habitués à avoir le gros bout du bâton et à dicter les conditions.  

La nouvelle réalité entraînera un changement de paradigme, augmentera la valeur et le symbole d’un emploi, mais la PCU vient ralentir cette métamorphose. 

Ainsi donc, ce qui était appréhendé s’est rapidement matérialisé. De partout au pays, on rapporte que des employeurs peinent à ramener à l’emploi des travailleurs. 

Flip-flop 

Pourtant, le 30 avril dernier, dans mon émission à Qub radio, le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, affirmait qu’une personne qui refuse de retourner au travail alors qu’il n’y aurait pas de raisons valables n’était pas admissible. 

Il ajoutait même que l’Agence du revenu serait aux aguets et traquerait les fraudeurs. 

Puis, cette semaine, alors que le bateau prend l’eau, on semble soudainement nous dire que « ne-non, vous pouvez rester chez vous. L’État vous paie la traite ». 

C’est complètement illogique. Et cela démontre la déconnexion qui peut exister entre le fédéral haut perché et la réalité du ras des pâquerettes où des entreprises se démènent pour survivre et relancer notre économie. 

La PCU a encore sa raison d’être. Mais elle doit être modulée, améliorée, mieux ciblée, et surtout, elle doit se prémunir contre les abus pour éviter de créer autant de problèmes qu’elle n’en résout. 

Fallait voir la séance virtuelle de la Chambre des communes hier, alors que le député conservateur Alain Rayes tentait d’obtenir des réponses claires à des questions simples relatives à la PCU. 

C’était beau de voir nos taxes à l’œuvre dans cette mauvaise comédie aux odeurs d’improvisation. 

Et des taxes, on n’a pas fini d’en payer quand le gouvernement dépense sans compter et ne démontre aucune volonté de colmater les fuites.