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Message aux visiteurs montréalais: isolez-vous pendant 14 jours

L’idée lancée par la mairesse de Saguenay fait son chemin dans les régions

barrage policier Saint Tite des Caps
Photo Simon Clark Des maires d’un peu partout au Québec s’inquiètent que la levée des barrages routiers, comme celui-ci à Saint-Tite-des-Caps, sur La Côte-de-Beaupré, prévu la semaine prochaine, amène un afflux de visiteurs montréalais potentiellement à risque.

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Craignant que l’afflux de visiteurs montréalais entraîne une flambée de la propagation du virus dans leur coin de pays, des maires de plusieurs régions du Québec, dont Saguenay, prônent un isolement volontaire de 14 jours pour protéger leur population.  

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Josée Néron y est allée de cette suggestion d’isolement des visiteurs au cours des derniers jours, «un peu comme on l’a fait avec les snowbirds».        

«Ce n’est pas pour dire aux gens de l’extérieur de ne pas venir, au contraire, c’est de trouver une façon pour qu’ils puissent venir de façon sécuritaire, par exemple pour ceux qui ont une résidence secondaire ici», explique la mairesse de Saguenay, insistant sur l’aspect volontaire de la chose.       

<b>Josée Néron</b><br />
Mairesse de Saguenay
Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Josée Néron
Mairesse de Saguenay

En point de presse mardi, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, a affirmé «ne pas pouvoir être contre» ce genre d’idées.        

«Si vous voulez aller à votre chalet dans le Nord, organisez-vous pour ne pas exposer les populations locales», a-t-il demandé aux Montréalais.       

Point de vue partagé  

Cette position rejoint celle de plusieurs maires et résidents des régions, où des pétitions ont amassé des milliers de signatures pour repousser la levée des barrages policiers qui y bloquent l’accès.        

«Si les régions ouvrent, c’est évident qu’il va circuler beaucoup plus de monde. Et nous, ce qu’on pense, c’est que ça ne sera pas favorable pour la région», avance la mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vignet, qui demande à ce que la levée des barrages routiers soit reportée jusqu’à ce que la «pandémie soit sous contrôle à Montréal».       

S’il fallait que les barrages soient levés le 18 mai comme prévu, elle pourrait «sincèrement envisager» le confinement proposé par la mairesse Néron et ce, autant pour les visiteurs qui rejoignent le Bas-Saint-Laurent que pour les citoyens qui quittent la région avant d’y revenir.       

Le maire de North Hatley, en Estrie, s’inquiète lui aussi pour sa population, dont l’âge moyen est de plus de 70 ans.       

«Pour les gens de Montréal, ce n’est pas le meilleur moment pour venir flâner au village, suggère Michael Page. On ne peut pas empêcher ceux qui ont des résidences secondaires de venir, mais on demande qu’ils se mettent en quarantaine au moins pendant 14 jours à leur arrivée.»       

À Saint-Jean-Port-Joli, le maire en appelle à la responsabilisation des visiteurs, admettant qu’une «invasion massive de gens qui viennent de régions problématiques» peut inquiéter. «S’ils viennent dans la région, il faut qu’ils assument par eux-mêmes la quarantaine», insiste Normand Caron. 

Réticents à l’isolement, mais conscient du risque 

D’autres municipalités ne vont pas aussi loin, mais souhaitent un certain contrôle pour éviter les éclosions. Joint par le Journal, les maires de Québec, Rimouski, Sherbrooke et de Baie-Saint-Paul, tout comme le préfet de la MRC Saint-François s’en remettent notamment aux directives de la Santé publique. 

De son côté, le maire de Sainte-Rose-du-Nord, qui avait lui-même dressé un contrôle routier dans sa municipalité dans les dernières semaines, invite les Montréalais à la patience. «Les gens de Montréal, on veut les accueillir, on les aime, mais là, ce n’est peut-être pas le meilleur moment», relativise Laurent Thibeault, qui qualifie de «difficile à appliquer» un isolement de 14 jours. 

«Il ne faut pas voir les gens de Montréal comme des contaminés. Il y a une nuance entre l’extrême peur et l’extrême ouverture, il y a un centre», insiste quant à lui le maire de La Malbaie, Michel Couturier. 

Attente aux Îles-de-la-Madeleine 

Aux Îles-de-la-Madeleine, où la quarantaine sera déjà obligatoire jusqu’au 15 juin, on attend surtout du gouvernement des règles claires et une prise de position sur les visiteurs. 

  • Écoutez l'entrevue du maire des Îles-de-la-Madeleine Jonathan Lapierre avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

«Les gens ont comme une perception qu'aux Îles, c'est pas pareil. C'est vrai, mais pas au niveau de la COVID. Les gens ne peuvent pas prétendre venir aux Îles cet été comme ce fut le cas les autres années, c'est-à-dire dans une ambiance festive», lance le maire Jonathan Lapierre. 

«Si on veut organiser une saison touristique, aussi minime soit-elle, il faut être prêt. Et il faut avoir des commerces qui sont prêts aussi à accueillir cette clientèle. Et ça prend des règles très claires du gouvernement, ce qui n'est pas le cas en date d'aujourd'hui.» 

— Avec la collaboration de Kathryne Lamontagne, Diane Tremblay, Stéphanie Martin, Maude Ouellet, Anne-Sophie Poiré et Élizabeth Ménard  

Des maires hésitants       

«Nous avons peu de cas de COVID-19 et on veut continuer de protéger notre population. On voit que Montréal est l’épicentre, donc c’est sûr que c’est fort inquiétant.» — Jonathan V. Bolduc, maire de Saint-Victor de Beauce et préfet de la MRC de Robert-Cliche       

«S’il vous plaît, respectez les consignes et limitez vos déplacements sur le territoire, et prenez le temps de passer ces 14 jours-là critiques. Après vous ferez ce que vous voulez.» — Jérôme Landry, maire de Matane       

«Chez nous, on était le 2e point chaud au Québec au début de la crise. Les gens de Sherbrooke ont réagi très vite et on est maintenant au 8e rang. Afin d’éviter une deuxième vague de contamination dans la région, il ne faut surtout pas relâcher les mesures.» — Steve Lussier, maire de Sherbrooke       

«Il faut être prudent. On sait qu’on marche sur une ligne mince. Ce qu’on veut s’assurer, c’est que le déconfinement se fasse de façon progressive, intelligente et qu’on respecte la population dans tout ça.» — Réjean Porlier, maire de Sept-Îles, qui souhaite reporter du 18 au 25 mai la levée des barrages routiers sur la Côte-Nord.       

«Les propriétaires payent des taxes. Ça leur appartient. Je ne vois pas pourquoi je les bloquerais. Par contre, le chalet n’est pas là pour venir faire un party de 15 personnes la fin de semaine. Les regroupements ne sont pas plus permis.» — Daniel Dion, maire de Saint-Raymond      

«Le 18 mai, la région va rouvrir, mais on parle encore de déplacements essentiels. Les restaurants sont fermés, les hôtels sont fermés. Je pense que ceux qui risquent de venir sont des gens qui possèdent des résidences secondaires dans Charlevoix et qui n’ont pas intérêt à contaminer les autres.» — Michel Couturier, maire de La Malbaie 

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