/news/education
Navigation

Étudiants: le tourisme et l'hôtellerie, un choix risqué?

Étudiants: le tourisme et l'hôtellerie, un choix risqué?
GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL | Plusieurs étudiants et jeunes diplômés en tourisme et en hôtellerie se questionnent sur leur futur, puisque ces domaines risquent d'être fortement modifiés par la crise de la COVID-19. 

Certains sont optimistes, comme Ariane Lavoie, qui a terminé sa deuxième année en gestion de la restauration et qui travaille comme serveuse pour le restaurant de l’Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ). 

Le milieu s’adaptera et les établissements ne seront pas éternellement fermés, selon celle qui croit que les amateurs de gastronomie continueront à vouloir s’offrir une table au restaurant. 

De toute façon, sa passion pour le métier est trop grande pour quitter le navire. «Je dessinais des restaurants à 4 ans», a-t-elle confié. 

Malgré tout, elle constate que ce n’est pas tout le monde qui partage sa vision de la restauration: «Certains décident de changer de carrière parce qu’ils savent que nous allons avoir de la difficulté à nous relever». 

Étudiants: le tourisme et l'hôtellerie, un choix risqué?
PHOTO COURTOISIE / Ariane Lavoie

Réorientation

C’est le cas d'Hugo Cavanzo Bernier, qui a gradué en gestion de la restauration à l’ITHQ, en 2019, et qui se questionne sur son avenir au sein de la profession. 

Ce dernier travaille normalement comme cuisinier dans le quartier chinois et est sur le chômage depuis le début de la crise. Il s’attend à ce que la reprise soit longue. 

Le cuisinier pense que le secteur sera durement affecté par la crise, et que les emplois se feront beaucoup plus rares, dans un milieu où il y avait une pénurie de main-d’œuvre avant la crise. 

«J’aime le travail physique, donc aller en construction ou en artisanat pourrait aussi m’intéresser», a-t-il fait savoir. 

Mme Lavoie et M. Cavanzo Bernier s’entendent pour dire que la marge de profit, très mince en restauration, est environ de 3 à 5 % lorsque le tout va très bien et que cela ne facilite pas la vie des restaurateurs. 

Étudiants: le tourisme et l'hôtellerie, un choix risqué?
GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Incertitude de la crise

Le coordonnateur de la formation professionnelle à l’ITHQ, Francis Archambault, a expliqué que l’établissement de formation spécialisée s’adapte quotidiennement à la situation, et que plusieurs plans sont envisagés pour la réouverture. 

«On se pose des questions sur l’effet de cette pandémie sur nos programmes, a-t-il ajouté. Est-ce qu’on aura autant de gens qui voudront se présenter dans nos programmes malgré l’incertitude?» 

La rentrée est prévue actuellement à la fin mai et les finissants seront priorisés pour terminer leurs études, ainsi que les élèves avec des cours pratiques impossibles à réaliser à distance. 

L'ITHQ devra s'adapter 

L'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) pourrait réussir à se distinguer dans la crise en adaptant sa formation à tous les bouleversements qui surviendront dans l'industrie, estime l'un de ses professeurs. 

Jean-Thomas Henderson se spécialise en accueil client, développement durable et questions d'hygiène, trois thèmes qui occuperont nécessairement une grande place sur la nouvelle façon de concevoir le tourisme . 

Selon lui, la force de l'ITHQ réside dans ses standards d’excellence. Ajouter des procédures sanitaires supplémentaires et des façons de respecter la distanciation sociale ne poseront pas des bâtons dans les roues aux équipes. 

Le professeur estime que le plus grand défi sera de faire en sorte que les futurs étudiants continuent à s'intéresser au domaine du tourisme et de l'hôtellerie, fortement touché par la crise actuelle. 

«Ça prendrait une boule de cristal pour essayer de faire un pronostic, a-t-il dit. On passe autant de scénarios pessimistes avec la fermeture de plusieurs entreprises sur la planète à une opportunité d’innover, de s’améliorer et développer de nouvelles compétences.» 

M. Henderson pense aussi que cette crise amènera une opportunité de redécouvrir le Québec et de visiter des endroits qui ne sont pas à l’autre bout du globe: «Je suis persuadé que la relance du tourisme va passer par le local, faire des trois heures de route et des staycation», un terme signifiant que le tout se fait à proximité. 

Le professeur met toutefois un petit bémol sur un tourisme plus vert et moins «de masse» après la crise, estimant que plusieurs pays vont vouloir en profiter avec les premières mesures de déconfinement. 

«Je demeure toutefois optimiste et conçois que déjà, à court terme, il y a une certaine diminution du tourisme de masse avec l’annulation des vols internationaux», a-t-il dit.