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Méthodes d’enseignement à revoir

Les leçons de golf subiront les contrecoups de la COVID-19

SPO-Circuit Canada Pro Tour
Photo d'archives, Agence QMI Pro au club LongChamp à Sherbrooke, Marc-Étienne Bussières va retrouver ses élèves la semaine prochaine.

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Dans les chambardements de la pratique sportive en raison de la COVID-19, l’enseignement n’y échappe pas. Le respect de la distanciation physique avec l’élève posera des défis. C’est notamment le cas au golf où la technique est primordiale. 

Finies les leçons comme celles auxquelles les golfeurs étaient habitués depuis tant d’années. L’enseignant devra être créatif et démonstratif puisqu’aucun contact ne sera permis. Ainsi, replacer un doigt, une main ou une épaule pour corriger un élan ne sera plus permis.  

« Il faudra le montrer visuellement. L’élève devra comprendre en répétant des exemples. C’est important qu’il comprenne la logique et la technique par un moyen visuel », a expliqué le professionnel Jérôme Blais, maintenant au club Château-Bromont.  

Sans trop d’inquiétudes 

Au club LongChamp à Sherbrooke, Marc-Étienne Bussières, professionnel émérite au Canada et enseignant, est impatient de retrouver ses élèves à compter de la semaine prochaine. Bien qu’il devra respecter des normes strictes, il estime que tout devrait « bien aller ».  

« Il n’y a pas vraiment d’inquiétudes à avoir. Il fallait souvent s’approcher de notre élève pour replacer une main ou un bâton, mais on peut l’expliquer autrement à l’avenir sans éprouver trop de problèmes », a souligné celui qui compte plusieurs titres de la PGA du Canada.  

L’entraînement sur tapis synthétique en frappant une balle dans une toile lors du confinement laissera certainement des cicatrices dans les élans. Plusieurs amateurs seront surpris lors des premiers coups frappés dès mercredi prochain. La répétition de mauvaises habitudes accentue les erreurs. « C’est très dangereux, a prévenu l’entraîneur Fred Colgan. Certains resteront très surpris. La banane de 30 verges sera devenue une banane de 60 verges. J’ai vu tellement d’élans d’amateurs se détériorer en frappant à l’intérieur. La vitesse n’est pas la même. Rendues à l’extérieur, la frappe et la trajectoire sont très différentes. C’est important de réparer ces élans. » Colgan, entraîneur de haut calibre dirigeant de talentueux athlètes à son académie de Québec, devra aussi changer ses stratégies d’enseignement. Avec ses acolytes munis d’un masque, il pourra accueillir cinq athlètes à l’entraînement sur des stations individuelles comme les leçons de groupe sont interdites en vertu des restrictions sanitaires.  

« En travaillant avec des golfeurs de haut niveau, la situation est différente. L’utilisation de la technologie nous permet de limiter les interactions avec l’athlète, a-t-il expliqué. Les caméras, les moniteurs de trajectoires et les tablettes nous permettent un enseignement complet et précis. »  

Pour les pros, l’enseignement sera salutaire et une importante source de revenus puisque les tournois avec bourses à l’enjeu ne seront pas permis cet été. 

Champ de pratique 

Dans le protocole d’ouverture de la Table de concertation de l’industrie du golf approuvé par la santé publique, la question des champs de pratique dans les clubs soulève des interrogations.  

Selon l’Association des clubs de golf du Québec, il serait permis d’accepter un golfeur au champ de pratique sans qu’il n’ait de temps de départ. Tant que la distanciation physique est respectée et que les installations le permettent, il serait possible de frapper des balles en toute quiétude.  

« Il faudra que les procédures soient claires et que le champ de pratique des clubs de golf soit bien géré », a signalé le président de l’ACGQ, Martin Ducharme.