/news/coronavirus
Navigation

Après la vague de choléra, la COVID ne l’effraie pas

Les compétences acquises en Haïti lui servent avec ses patients ici

Mineuve Pierre, étudiants en soins infirmiers qui travaille à l'institut de gériatrie comme préposé au bénéficiaire.
Photo Ben Pelosse Mineuve Pierre profitait d’une pause chez lui, dans l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Coup d'oeil sur cet article

Un futur infirmier auxiliaire qui a pris soin de ses compatriotes touchés par l’épidémie de choléra en Haïti s’occupe maintenant des aînés québécois en pleine lutte contre la COVID-19.  

• À lire aussi: Tous les derniers développements de la pandémie 

« C’est super important de mettre la main à la pâte. L’heure est grave. C’est à nous de contribuer. Nous sommes formés pour ça », s’exclame Mineuve Pierre lorsqu’il parle de sa motivation de se joindre à l’effort de guerre contre le coronavirus.  

Celui qui étudie pour devenir infirmier auxiliaire travaille depuis trois semaines comme préposé aux bénéficiaires (PAB) à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.  

L’établissement est un des plus grands centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) de la province. Plus d’une trentaine de décès liés à la COVID-19 y ont été dénombrés jusqu’à présent.  

M. Pierre doit agir comme PAB, car il n’a pas encore terminé sa formation d’infirmier auxiliaire.  

L’homme de 32 ans affirme avoir toujours aimé aider les autres et en prendre soin.  

De la prison au CHSLD  

Avant d’immigrer au Québec, il y a un peu plus d’un an, il travaillait dans une prison d’Haïti, offrant du soutien psychologique aux malades parce que le psychiatre était débordé.  

« Ce que j’ai appris là-bas m’aide beaucoup dans mon approche avec mes patients aujourd’hui », explique-t-il.  

Il était en poste lorsque son pays a affronté l’épidémie de choléra qui a fait 10 000 morts dans les dernières années.  

« C’était épouvantable de voir les gens mourir dans cette situation. Je sentais que j’aurais pu faire quelque chose pour les aider, mais je n’avais ni la formation ni les connaissances. Je me sentais impuissant », se souvient M. Pierre.  

Bien que la situation soit terrible en ce moment dans les CHSLD du Québec, il n’y a rien de comparable avec le désastre qu’il a connu sur sa terre natale, selon lui.  

« C’est le jour et la nuit. Aucune comparaison n’est possible », précise-t-il.  

M. Pierre a eu l’occasion de travailler en zone de la COVID-19, communément appelée zone chaude, mais ne semble pas trop inquiet face au virus.  

« Quand on fait le choix de travailler dans le domaine de la santé, on connaît les risques associés », résume-t-il.  

Protéger ses patients  

Ce qui le préoccupe davantage c’est la sécurité de ses patients.  

« Le lendemain de ma journée en zone chaude, j’ai travaillé dans un autre secteur. Un monsieur m’a dit : “j’ai peur d’attraper cette maladie et de mourir sans funérailles”. Ça m’a motivé pour tout faire pour éviter de contaminer mes patients », raconte avec émotion M. Pierre.  

« Donner des soins, c’est notre mission. Protéger nos patients, c’est notre devoir », conclut-il.