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Pas d’enquête de l’Assemblée nationale sur son ex-président

Jacques Chagnon
Photo Simon Clark Jacques Chagnon. Ex-député libéral

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Contredisant deux partis politiques, l’Assemblée nationale se dit incapable d’enquêter sur des allégations d’attouchements sexuels formulées à l’égard de son ex-président, Jacques Chagnon. 

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L’ex-présidente du Parlement wallon, Émily Hoyos, a récemment déclaré à un média belge que M. Chagnon lui avait mis la main au postérieur, en 2011, alors qu’elle était reçue à l’Assemblée nationale du Québec.  

M. Chagnon a nié la semaine dernière ces allégations. La députée péquiste Méganne Perry Mélançon avait néanmoins demandé à l’Assemblée nationale de se saisir du dossier. 

Pas possible 

Dans une entrevue à notre Bureau d’enquête, la troisième vice-présidente de l’institution, Maryse Gaudreault, a affirmé que
la politique de lutte au harcèlement en vigueur ne s’applique pas aux élus étrangers en visite. 

« Dans le cas d’une députée qui n’est pas de l’Assemblée nationale, elle ne pourrait pas porter plainte », a-t-elle dit, affirmant que dans pareils cas, le seul recours est la police. 

De plus, il serait impossible de déclencher d’enquête sans plainte formelle d’une victime alléguée.  

« Faire enquête quand la personne mise en cause nie et que la personne qui a fait l’affirmation des allégations ne veut pas porter plainte, il n’y a pas matière à enquête », a-t-elle dit. La semaine dernière, Mme Hoyos a affirmé qu’elle avait « tourné la page » sur cet incident allégué. 

Membre du groupe de députés qui a accueilli Émily Hoyos en 2011, Mme Gaudreault n’en a gardé aucun souvenir. « Je ne me souviens pas de cette personne ni de cette soirée », dit-elle. 

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Pas les mains liées 

Du côté du Parti libéral, un porte-parole de l’aile parlementaire a affirmé que le Bureau de l’Assemblée nationale (BAN) pourrait agir. 

« Si l’Assemblée nationale décide de se pencher sur la question, elle a toute la latitude et l’indépendance pour le faire. Le BAN peut décider de se saisir et d’investiguer quant au comportement de son ancien président », a déclaré hier Frédéric Labelle. 

La formation politique soutient que « les comportements de ce type, s’ils sont avérés, sont inadmissibles et ne devraient jamais être tolérés ». 

En entrevue à QUB, Mme Perry Mélançon a dit hier qu’elle aurait souhaité que le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, ordonne des vérifications. « Je pense qu’on aurait pu aller chercher l’information nécessaire pour ensuite clore le dossier », a-t-elle dit.