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Alicia Moffet renoue avec son premier amour

Alicia Moffet/crédit Sally Hansen
Photo courtoisie, Sally Hansen

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Cinq ans après avoir été propulsée sous les projecteurs grâce à La Voix, alors qu’elle n’avait que de 16 ans, Alicia Moffet prévoyait faire son retour à la musique en grande pompe ce printemps. Même si le lancement de son EP sera moins flamboyant qu’elle ne l’espérait en raison de la pandémie, son retour est loin de passer sous silence avec les dix millions d’écoutes de ses premiers extraits sur les plateformes numériques.   

Après La Voix, en 2015, Alicia Moffet est partie en tournée avec son copain de l’époque, Kevin Bazinet, qui venait juste de remporter le concours. Mais la jeune femme n’a pas continué à développer sa carrière musicale.   

«J’ai eu des petites déceptions par rapport au milieu», exprime-t-elle à l’autre bout du fil. «Je m’étais fait de beaux espoirs. Quand tu as 16 ans et que tu fais La Voix, qu’il y a un gros engouement, tu as des attentes.»   

Parallèlement, Alicia Moffet constatait qu’elle commençait à être très populaire sur les réseaux sociaux. Elle est devenue, malgré elle, une influenceuse, un terme qu’elle déteste.    

«Au début, je le faisais par pur plaisir, sans penser que ça pouvait devenir un travail, raconte-t-elle. Finalement, c’est mon gagne-pain depuis trois ans. Mais je me suis toujours décrite comme une chanteuse. Quand je me fais appeler “influenceuse”, dans ma tête, ça ne marche pas.»   

Aujourd’hui, plus de 388 000 personnes sont abonnées à son compte Instagram. Si elle considère aujourd’hui sa connaissance du web comme un atout important, surtout dans le contexte actuel, elle estime que son métier d’influenceuse a beaucoup à voir dans les dix millions d’écoutes de ses chansons qu’elle a sorties à la pièce depuis quelques mois.   

«Les gens ont appris à me faire confiance avec les années, dit-elle. J’ai un public très engagé. Ça me prouve aussi que les gens me voient aussi comme une artiste, comme une chanteuse, et qu’ils veulent réellement écouter ma musique.»   

Pléiade de collaborateurs  

À 22 ans, Alicia Moffet est aujourd’hui une femme d’affaires, une chanteuse, mais aussi la maman d’une petite fille âgée de neuf mois. Elle a concilié travail et famille dans la dernière année pour mettre au monde ce EP de «huit ou neuf chansons» qui doit voir le jour «avant l’été», promet-elle.   

Sa rencontre avec le producteur et réalisateur montréalais Bynon, avec qui elle écrit et compose, a été déterminante pour la création de cet album.    

Des collaborateurs se sont greffés au duo, comme Soran, Milk and Bone, Jonathan Roy, Connor Sinead, qui a écrit pour Charlotte Cardin, ainsi que Shaun Frank, coauteur de l’immense succès Closer, des Chainsmokers. Elle a d’ailleurs partagé la scène avec lui cet hiver, en première partie de nulle autre que Tiestö, à Boston. Le dernier collaborateur en liste est le rappeur Fouki, avec qui elle a enregistré Ciel.   

Outre cette incursion dans le hip-hop, Alicia Moffet mise sur de la pop anglophone ultra moderne aux accents soul et R’n’B, ce qui laisse présager que la chanteuse envisage traverser les frontières avec sa musique.    

La pandémie jette bien sûr de l’ombre à ce retour dans la sphère musicale. «Je ne dirais pas que c’est décevant, mais c’est déstabilisant, confie-t-elle. On avait des plans pour un gros lancement et on ne peut pas en faire. Mais on va trouver un moyen en utilisant les réseaux sociaux. Je me considère chanceuse d’être déjà dans cette game-là, de savoir comment ça fonctionne et de ne pas avoir trop besoin de m’adapter.»