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Attention à nos ados

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Il était très maladroit d’évoquer, aussi tôt que cette semaine, la possibilité d’une rentrée à distance pour les élèves du secondaire en septembre, au Québec. 

C’est pourtant le terrain glissant sur lequel s’est aventuré le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, sans apparemment penser aux impacts de sa déclaration sur les jeunes du Québec. 

Jeudi, le ministre a voulu rectifier le tir, tout comme le premier ministre, qui a l’intention de « tout faire » pour que la rentrée se passe en classe. 

N’empêche, la situation dans laquelle sont plongés les adolescents québécois, qui sont confinés et doivent se contenter d’un enseignement à distance très inégal, commence à soulever l’indignation. Il était plus que temps. 

Impacts dangereux 

En entrevue avec Le Journal, le pédiatre reconnu Gilles Julien a parlé de catastrophe et d’impacts non seulement préoccupants, mais dangereux chez nos adolescents. Les experts s’inquiètent du décrochage, de la démobilisation, de la dépression et de l’anxiété susceptibles d’en découler. 

Comment ne pas s’inquiéter à l’idée que la situation pourrait perdurer cet automne ? Le ministre de l’Éducation a failli à la tâche, lui qui avait le devoir de se montrer plus sensible et nuancé. 

Qualité contestable 

Dans la même veine, le ministre manque à l’obligation, depuis le début de la crise, de s’assurer que l’enseignement à distance fourni aux jeunes respecte des standards de qualité et de conformité éprouvés. 

N’en déplaise au premier ministre, qui a défendu cette semaine la qualité de cet enseignement à distance au Québec, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser. C’est très clair quand on compare la situation à ce qui se passe en Ontario ou en Alberta. 

Sans évaluation obligatoire ni trop de critères préétablis, au Québec, il faudra bien plus que des émissions de télévision et des capsules. Il est trop tard pour l’année en cours, mais espérons qu’on se réveillera à temps pour septembre.