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La COVID militante...

La COVID militante...
CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

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La pandémie n’a pas effacé l’abysse idéologique qui divise les Québécois...  

La scène se passe lors d’un point de presse du gouvernement québécois. Le premier ministre François Legault est accompagné, pour l’occasion, entre autres, de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.  

À quelques reprises, le premier ministre usera d’une formule de familiarité envers la mairesse en la nommant par son prénom.  

«Donc euuuh Valérie...»  

Il ne s’en fallait pas plus pour que la frange la plus militante du mouvement féministe s’enrage.  

Ah, François Legault de premier ministre «mononc’» qui déconsidère ses collègues femmes en les nommant par leur prénom! Que c’est réducteur!  

Des tweets de militantes fâchées. Un paquet de commentaires méprisants, douteux.  

L’affaire, c’est que cette manière de nommer ses collègues par leur prénom, ce n’est pas une affaire de sexe pour le premier ministre... il le fait aussi avec ses collègues masculin. Marie-Renée Grondin du cabinet du premier ministre le fera d’ailleurs remarquer dans une courte vidéo.  

Aussi, plusieurs rappelleront à celles et ceux qui ont tenté de faire un peu de millage militant sur cette fausse controverse que Valérie Plante, lorsqu’elle était candidate à la mairie de Montréal, se démarquait précisément dans son affichage politique par cette familiarité...  

L’anti-laïcité en temps de pandémie  

On se souviendra qu’un journaliste de La Presse canadienne avait fait sourciller en conférence de presse quand il avait questionné le premier ministre sur l’effet que pourrait avoir le port du masque sur la loi 21.  

François Legault a sourcillé. À sa place, j’aurais éclaté de rire devant une telle bêtise.  

Ça, c’était avant que Francine Pelletier, militante féministe bien connue, ne publie dans Le Devoir un manifeste de mauvaise foi précisément là-dessus. Pour elle, le port du masque sanitaire pour tous en période de pandémie mondiale relève de la même raison d’État que le fait de légiférer sur la laïcité. Même combat.  

J’en référerai ici à la réponse brillante de Nadia El-Mabrouk, Daniel Baril et Claude Kamal Codsi du Rassemblement pour la laïcité:  

«Par ailleurs, madame Pelletier se questionne sur la notion du vivre-ensemble: si le port du masque par respect des autres favorise le vivre-ensemble, pourquoi n’en serait-il pas de même des signes religieux qui couvrent la tête ou le visage, suggère-t-elle. Doit-on comprendre que le port du niqab ou de la burqa serait une pratique citoyenne favorisant le vivre-ensemble? Comment ne pas être sans mots devant une telle banalisation de symboles sexistes portant atteinte aux droits des femmes ainsi qu’à leur dignité, voire à leur santé physique et mentale dans le cas du voile intégral? Madame Pelletier suggère-t-elle d’autoriser le port du voile intégral chez les enseignantes?  

Quel effort surhumain est-il nécessaire de déployer afin de percevoir la différence entre une burqa, portée pour des raisons religieuses, exclusivement par des femmes, comme une prison, pour se cacher du regard concupiscent des hommes, et un masque sanitaire porté par tous, pour le bien de tous?  

La laïcité de l’État est le modèle du vivre-ensemble choisi par la population québécoise. Elle assure la séparation entre l’État et les religions afin de garantir la protection des droits de tous les citoyens à l’égalité de traitement ainsi qu’à la liberté de conscience et de religion, conformément à l’article 3 de la Charte des droits du Québec. Elle n’est en contradiction avec aucune mesure de santé publique visant à assurer le bien commun.  

Force est de constater que ces attaques contre la laïcité relèvent d’une malhonnêteté intellectuelle et d’un militantisme anti-laïcité qui ne dit pas son nom.»  

Que ce soit ce type de militantisme ou encore celui de ceux et celles qui ne sont capables de voir toute référence à la pandémie que par leurs ornières militantes de la question de l’immigration ou de la gestion de la frontière et du chemin Roxham [les plus rigolos ceux-là... toute discussion sur la COVID-19 se terminera inévitablement par... OUI, MAIS LE CHEMIN ROXHAM!!! En lettres majuscules], tout ceci nous dévie de l’essentiel, la nécessaire cohésion sociale qui est capitale à la sortie de crise pandémique.  

Toutefois, il ne faut pas être dupe non plus. Les fractures sociales qui existaient avant la crise sont encore bien présentes aujourd’hui.  

  

La COVID militante...
Photo image Qc125, sources, Twitter de PJ Fournier)

  

Et d’une certaine façon, la dernière projection de l’analyste politique Philippe J. Fournier déclinée en format «Tetris» nous en révèle pas mal plus qu’on pense sur l’état du Québec actuel... Ce Québec politique.