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Toujours les mêmes

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Le Cirque du Soleil, nous le savons, est en difficulté. 

« Aidez-nous ! Aidez-nous ! » crient ses propriétaires, regroupés sur le pont de leur luxueux yacht.  

Bonjour l'indulgence ! 

Afin de sauver les actionnaires du Cirque (le fonds américain TPG et le fonds chinois Fosun, de même que notre Caisse de dépôt, qui n’éprouve aucun scrupule à investir dans des entreprises basées dans des paradis fiscaux), le gouvernement du Québec songerait à octroyer un prêt de 500 millions de dollars à l’entreprise fondée par Guy Laliberté.   

Or, en mars dernier, une cinquantaine d’employés du Cirque du Soleil (dont certains travaillaient là depuis 20 ans) ont été licenciés sans préavis, comme ça, « Merci, bonsoir, don’t call us, we’ll call you ». 

Qu’est-ce que les principaux actionnaires du Cirque – un fonds privé américain qui gère 119 milliards de dollars et un groupe chinois qui a engrangé des profits de 2,9 milliards en 2019 – ont fait pour aider leurs fidèles employés ? 

Rien. 

Ils ne leur ont pas donné une maudite cenne.  

Même si ces employés avaient droit à une indemnité de départ. 

Désolé, c’est la faute à la pandémie, vous comprendrez, on n’a plus d’argent, a écrit la direction du Cirque à ses anciens employés. 

Soyez indulgents.  

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Le plat de bonbons 

Toujours la même histoire. 

Quand une entreprise privée frappe un iceberg (souvent par la faute de ses directeurs, qui dépensent sans compter et sont trop occupés à faire le party pour regarder devant eux), les gros ont droit à des canots de sauvetage de luxe, avec chaufferette et minibar. 

Alors que les petits coulent.  

Chaque fois que Michel Girard me parle de la situation du Cirque du Soleil à QUB radio, il colle au plafond. 

Je le comprends.  

C’est comme la crise de 2008 aux États-Unis. Quelle est la première chose que les patrons des grosses banques et des grosses firmes d’assurance ont faite lorsqu’ils ont été sauvés par le gouvernement américain ? 

Ils ont pigé dans le plat de bonbons pour s’accorder des hausses de salaire et se donner des bonis. 

Même s’ils étaient les principaux responsables de leurs déboires ! Même s’ils ont failli jeter la planète sur la paille ! 

Superman à la rescousse  

Maintenant, c’est au tour des patrons d’Air Canada de crier « Aidez-nous ! Aidez-nous ! » 

Et Justin d’enfiler son costume de Superman pour voler à leur secours.  

Voici ce qu’on pouvait lire dans le rapport annuel d’Air Canada pour 2019... 

« Nous avons dégagé des produits d’exploitation record de 19, 131 G$. Le bénéfice d’exploitation s’est établi à 1,650 G$, soit une progression de 10 %, en regard de 2018. Il s’agit d’une dixième année de croissance de suite de notre chiffre d’affaires, et nos efforts ont été récompensés par un rendement des actions de 87 %. » 

Bref, ça fait 10 ans que ça va bien pour Air Canada.  

Moi, quand j’ai de bonnes années, je mets de l’argent de côté en prévision des mauvaises. Pas eux ? 

Et si vous avez acheté des billets d’avion pour un voyage cet été, les patrons d’Air Canada vont-ils vous rembourser ? Non.  

Ils vont vous donner un crédit.  

Bonjour la générosité.