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Al-Qaïda derrière l’attaque terroriste de Pensacola?

Al-Qaïda derrière l’attaque terroriste de Pensacola?
Photo d'archives AFP

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En décembre 2019, Mohammed Saeed Alshamrani ouvrait le feu à la base aéronavale de Pensacola en Floride. Avant d’être abattu, le sous-lieutenant dans l’armée de l’air saoudienne a tué trois personnes (huit blessés) dans une salle de classe de la base.  

Des messages publiés sur son compte Twitter ne laissaient planer aucun doute sur ses sentiments à l’égard des États-Unis. On pouvait lire: «Je suis contre le mal et l’Amérique dans son ensemble s’est transformée en nation du mal.»   

Alshamrani avait aussi ajouté: «Je ne suis pas contre vous simplement parce que vous êtes Américains, je ne vous hais pas à cause de vos libertés, je vous hais parce que chaque jour vous soutenez, financez et commettez des crimes non seulement contre les musulmans, mais aussi contre l’humanité.»  

Vous vous souvenez peut-être que l’incident avait provoqué des tensions entre l’Arabie saoudite et les États-Unis. Chaque année, des centaines de Saoudiens participent à des formations chez nos voisins du sud et les liens entre Ryad et Washington sont forts. Le gouvernement américain avait alors renvoyé 21 Saoudiens dont on avait étudié les propos sur les réseaux sociaux.  

Nouveau développement dans cette affaire, le FBI confirmait hier avoir trouvé des liens entre le tireur et l’organisation Al-Qaïda. Après avoir décrypté des messages de son téléphone cellulaire, le FBI est en mesure d’affirmer que le Saoudien s’était enrôlé avec le seul but de mener une opération spéciale en sol américain.  

Fait intéressant, le FBI a souligné à plusieurs reprises dans sa déclaration qu’Apple avait retardé l’enquête, refusant de débloquer les appareils utilisés par le terroriste.   

Si Apple affirme de son côté avoir collaboré, les frictions entre le département de la Justice et la compagnie se multiplient. Alors qu’Apple améliore la sécurité de ses appareils régulièrement, le débat entre la protection des renseignements personnels et la sécurité collective fait rage.  

S’il est vrai que nos données personnelles doivent être protégées et qu’on se méfie des pirates informatiques ou de la récupération que peuvent en faire les dirigeants de certains pays, le gouvernement souligne qu’Apple fait également le jeu des criminels et des terroristes.  

Peu importe à quel camp vous vous identifiez, dans le cas de la fusillade de Pensacola, les informations contenues sur les appareils du tireur ont permis de mener à la localisation et à l’élimination d’Abdullah al-Maliki, un agent d’Al-Qaïda au Yémen.  

L’épidémie de COVID-19 et sa gestion par les autorités — c’est compréhensible — retiennent presque toute l’attention dans les médias. Il ne faudrait cependant pas oublier que les inquiétudes qui prévalaient avant la crise ne sont pas disparues. Autant en ce qui concerne les activités des organisations terroristes qu’à ce qui est lié à la protection des libertés individuelles.   

Dans ce dernier cas, plus que jamais nous sommes appelés à nous demander jusqu’où, et pendant combien de temps, nous acceptons de céder nos droits pour assurer la protection du plus grand nombre, que ce soit pour lutter contre la COVID-19 ou contre le terrorisme.