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Déconfinement: «On n'a pas le choix d’y aller»

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La baisse importante des morts liées à la COVID-19 – on en rapportait 34 dimanche – est-elle le signe que la pandémie s’essouffle dans la province? En entrevue avec Mario Dumont, le microbiologiste Karl Weiss a dit «l’espérer sincèrement», même si le Québec n’est pas à l’abri de mauvaises nouvelles.   

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«Oui, les chiffres diminuent, mais il y a encore l’impact des décès. Pour être vraiment certains, il va falloir voir les tendances sur plusieurs jours. Je pense qu’on a atteint le pic il y a quelques semaines, autour des 19, 20, 21 avril. On était sur un plateau longtemps», a-t-il ajouté.         

Il croit qu’une diminution du nombre de cas se dessine, un scénario semblable à ce que les pays européens ont déjà observé, mais que la lutte est loin d’être gagnée.         

«J’espère que, d’ici deux semaines, on verra une nette tendance à la diminution.»        

Selon le Dr Weiss, pour que l'on ne revoie pas le bilan grimper, plusieurs mesures mises en place doivent absolument rester: dépistage dans la population, surveillance serrée, traçage des contacts, test et isolement dans les CHSLD, protection du personnel du milieu de la santé avec de l’équipement approprié, notamment.         

«On a vu qu’au Québec, le problème a été le fait que les travailleurs de la santé se promenaient d’un centre à l’autre. Il faudra éviter cela à tout prix.»        

Il juge que trop peu de gens à Montréal portent le masque, et qu’on devrait privilégier cette pratique, en plus de l'espacement social.         

Déconfiner pour la santé   

Malgré le défi que constituent le suivi et les mesures d'espacement social, il croit que le déconfinement est nécessaire pour la santé physique et mentale de la population.         

«On n'a pas le choix que de commencer un certain déconfinement, parce qu’il y a des impacts au niveau de la santé des gens. Traiter les cancers, les maladies cardiaques, commencer à revoir les patients. L’Association des pédiatres s’inquiète énormément de la santé mentale des adolescents et des enfants. Est-ce qu’on va avoir une génération COVID-19? Il faut que tous ces gens-là recommencent une activité normale», assure-t-il.        

Même chose pour l’économie. «On sait que, lorsque l’activité économique diminue, c’est associé à beaucoup de problèmes de santé mentale. Il va falloir y aller tranquillement, mais on n'aura pas le choix d’y aller», juge-t-il.        

Il souligne que, puisqu’il n’y a pas de manuel écrit sur le déconfinement, il n’est pas impossible qu’il faille retourner en arrière, et peut-être aller plus vite quand tout ira mieux.