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Grogne chez les anges

Un décret de Québec permet d’annuler leurs congés

Des travailleurs de la santé ont manifesté leur mécontentement hier devant l’Assemblée nationale.
Photo Jean-François Desgagnés Des travailleurs de la santé ont manifesté leur mécontentement hier devant l’Assemblée nationale.

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Épuisement, vacances annulées, heures supplémentaires qui s’accumulent, relocalisation du personnel... la grogne prend de l’ampleur chez les professionnels de la santé qui tiennent le réseau à bout de bras depuis des semaines. 

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Signe du mécontentement, l’infirmier Pierre-David Gagné a créé le groupe Facebook « Mobilisation des anges gardiens » qui a rassemblé plus de 15 000 travailleurs du milieu de la santé en quelques jours. Des dizaines de personnes ont utilisé la plateforme pour témoigner de leurs conditions.  

L’infirmier clinicien n’est pas surpris que son initiative prenne une telle ampleur. « Il y a énormément de gens insatisfaits de leurs conditions et de ce qui se passe avec le réseau », lance-t-il.   

Abus des patrons 

L’arrêté ministériel, en vigueur depuis le 21 mars, permet aux gestionnaires d’annuler les congés, de modifier les horaires et de déplacer le personnel selon les besoins. La mesure ne fait pas l’unanimité chez les anges. 

« Le décret était nécessaire pour mobiliser le réseau en début de crise. Là où j’ai ressenti une grande injustice, c’est quand il a été utilisé de manière abusive par des employeurs. Par exemple, des gestionnaires d’endroits avec peu de cas ont supprimé les vacances », explique-t-il. 

Alors que certains anges demandent un peu de repos, M. Gagné sent que l’épuisement gagne du terrain chez ses collègues. Il craint un manque de ressources humaines advenant une deuxième vague. 

Conditions « insoutenables » 

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) dénonce aussi les conditions de travail.  

« Nos conditions de travail étaient déjà lamentables. Maintenant, elles sont insoutenables », a lancé la présidente, Nancy Bédard, mardi, lors d’une manifestation devant l’Assemblée nationale. 

Le rassemblement a dérangé François Legault, qui en a fait mention lors de sa conférence de presse quotidienne. 

« Tantôt, devant nos bureaux, le syndicat des infirmières, la FIQ, a fait une manifestation. Bon, évidemment, ça me déçoit. La principale revendication de la FIQ, c’est d’augmenter les ratios, donc, augmenter le nombre d’infirmières. Depuis qu’on est au gouvernement, on a beaucoup augmenté le nombre de postes, mais malheureusement, beaucoup sont restés non comblés », s’est-il défendu en précisant qu’il s’agit surtout d’emplois de préposés aux bénéficiaires ainsi que des postes à temps partiel. 

Le premier ministre demande à la FIQ de trouver « ensemble » des solutions.  

« Je pense que ça devrait se faire à la table plutôt que dans des manifestations devant mon bureau », a-t-il dit.