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Lefèvre était prêt

L’ex-joueur de l’Impact a réussi la transition du sport au monde du travail

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Photo d'archives Membre de l’Impact jusqu’à la fin de la saison 2017, Wandrille Lefèvre est aujourd’hui comptable au sein d’une entreprise montréalaise.

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À 30 ans, Wandrille Lefèvre est jeune pour être un retraité, et pourtant il n’a pas joué un match de soccer professionnel depuis l’été 2017. Libéré par l’Impact avant le camp d’entraînement 2018, il s’est construit une nouvelle vie.

« Je connaissais les intentions du club depuis novembre et il y avait une négociation pour que mon contrat soit honoré, explique-t-il lors d’une récente discussion téléphonique. J’ai souffert pour négocier ce contrat, il était hors de question que je le laisse aller sans me battre. »

Avec en poche un diplôme en comptabilité de HEC Montréal, Lefèvre commençait à s’intéresser à des possibilités qui se présentaient à lui.

Du temps

Lefèvre s’est donc retrouvé dans une drôle de position quand il a finalement réglé le dossier avec l’Impact.

« J’avais un contrat en vigueur jusqu’au 31 décembre, mais aucune équipe n’avait mes droits.

« Depuis novembre, j’avais commencé à placer mes pions. Je savais ce que je ne voulais pas faire, mais pas nécessairement ce que je voulais faire. 

« Ç’a été un luxe de pouvoir aborder ma vie professionnelle avec le matelas de sécurité qu’était mon contrat. Je n’ai pas voulu m’asseoir sur ça parce qu’il y avait une urgence à retrouver de la productivité. »

Cette période de transition lui a aussi permis de réaliser qu’il était peut-être prêt pour la prochaine étape de sa vie.

« Dans l’objectif de carrière, il vient parfois le temps d’arrêter de s’amuser et de rentrer dans le vrai monde. Le sport professionnel est un monde complètement déconnecté de la réalité. »

Force de l’équipe

Il a donc pris un peu de temps pour savoir exactement ce qu’il voulait. Pour lui, le diplôme en comptabilité était un outil, pas une fin en soi.

« Je voulais du transactionnel parce que c’est comme un match de foot. Il y a un coup de sifflet, ça commence et ça finit. Tu gagnes ou tu perds ta transaction. »

Quand il est arrivé chez Capital Conseil, il a trouvé chaussure à son pied. 

« Nous sommes tous des entrepreneurs qui mettons en commun nos ressources sous cette bannière. La très grande majorité des honoraires me reviennent ; d’une certaine façon, je mange ce que je chasse. »

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Photo courtoisie

Pour lui, la structure est comparable à celle d’une équipe de sport professionnel.

« Nous sommes une quinzaine de consultants et il y a une quinzaine de bagages différents. On ne travaille jamais seul sur un dossier, on travaille au minimum en binôme. » 

Pression

Lefèvre ne le cache pas, ses six saisons dans le maillot Bleu-blanc-noir lui sont d’une grande utilité maintenant qu’il a troqué les crampons pour le veston.

« On accompagne les entreprises dans leur croissance ou dans leur défi de liquidité pour obtenir du financement. Nos clients évoluent entre 2,5 M$ et 300 M$ de chiffres d’affaires. On parle de prêts allant de 500 000 $ à des dizaines de millions de dollars. »

Il compare la gestion d’une transaction à la façon dont il faut parfois gérer un match de foot.

« Quand tu commences un match, tu ne sais pas comment il va se dérouler. Tu as un plan de match, mais il y a tellement de choses qui peuvent changer.

« C’est pareil dans le transactionnel, il y a des surprises qui arrivent, elles viennent conforter ta structure ou encore la fragiliser. »

La pression est donc grande sur ses épaules, mais Lefèvre a cette grande particularité d’être fait de téflon quand il le faut.

« J’ai été habitué toute ma vie à gérer la pression et l’incertitude, alors j’ai appris à vivre avec et à les évacuer pour maximiser mes chances d’arriver au résultat. »