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Ces athlètes qui «passent le témoin»

Ces athlètes qui «passent le témoin»
Photo courtoisie Vincent Ethier photographie

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Après avoir bénéficié d’un soutien et d’un encadrement accru durant leur carrière, une grande reconnaissance alimente la volonté des athlètes retraités à «passer le témoin», comme l’illustre si bien Bruny Surin.

«Quand j’ai commencé, je n’avais pas de moyens, zéro barré. Il a fallu que j’aille frapper aux portes des entreprises pour essayer d’avoir un peu de sous. Ç’a pris du temps et ç’a été très difficile avant de réussir», raconte le médaillé d’or du relais 4 x 100 m aux Jeux d’Atlanta de 1996.

Déjà, lorsqu’il s’est démarqué et a obtenu de bons résultats, Surin savait qu’il allait aider à son tour après sa retraite, annoncée en 2002. «Je savais que je ne serais jamais à l’aise et honnête avec moi-même de dire : "j’ai fait ce que j’avais à faire. Maintenant la relève, débrouillez-vous et arrangez-vous tout seul"! J’aurais été incapable de faire ça», explique-t-il.

C’est ce devoir qui l’a poussé à créer la Fondation Bruny Surin, visant à promouvoir un mode de vie sain et à lutter contre le décrochage scolaire. «C’est très très important d’étudier le plus longtemps possible. J’ai 52 ans, bientôt 53, et j’apprends encore. J’ai pris deux cours universitaires pendant le confinement et j’apprends le piano également», cite-t-il en exemple.

Pour le principal intéressé, il était également primordial que son rôle ne se limite pas seulement à l’image et à la crédibilité de l’organisme. Il voulait être sur le terrain à la rencontre des gens et faire une différence. Son parcours inspire plusieurs personnes provenant de différents milieux et ayant différents objectifs en tête. Les années d’athlétisme du Québécois lui permettent d’illustrer facilement ses propos.

«Je peux souvent me mettre à leur place. Si je parle avec un athlète dont le rêve est de faire les Jeux, je suis passé par là. S’il y a des parents qui manquent d’argent pour envoyer les jeunes à des camps, j’ai connu ça aussi. Je peux raconter des anecdotes aux jeunes et montrer tous les murs que j’ai frappés pour leur dire de persévérer.»

D’un autre angle

Cette facilité à comprendre l’athlète résonne aussi chez l’ancienne lutteuse Martine Dugrenier, maintenant enseignante en éducation physique et entraîneuse au sein de l’équipe nationale de lutte.

«Je peux revivre des expériences connues en tant qu’athlète, mais de manière complètement différente. Tu revois chaque moment, mais dans un autre rôle», explique celle qui a été couronnée championne du monde à trois occasions, soit en 2008, 2009 et 2010.

La Montréalaise était déjà entraîneuse lorsqu’elle luttait, notamment avec la délégation québécoise aux Jeux du Canada de 2005 et de 2009.

«L’expérience acquise en tant qu’athlète fait en sorte que je peux le conseiller selon mon vécu. Je peux me mettre dans ses souliers et j’essaye de penser comment je me serais sentie à sa place et ce que j’aurais aimé qu’on fasse pour moi», ajoute Dugrenier, qui a également été impliquée au sein des fédérations provinciale et nationale de lutte.

Forcée de tirer sa révérence en 2015 en raison d’une blessure à un bras, Dugrenier admet envier les athlètes par moments. «Ce n’était pas vraiment mon choix d’arrêter, alors c’est sûr qu’encore aujourd’hui, il y a la sensation et le désir de compétitionner.»

Malgré ces instants de nostalgie, l’objectif de redonner au milieu sportif demeure la priorité, tant comme entraîneure qu’enseignante. «Ç’a toujours été important pour moi. En tant qu’athlète, on est bien encadré et ça m’a permis d’atteindre mes objectifs. On les voit grandir dans leur propre développement et c’est vraiment gratifiant.»