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COVID-19: de retour au service

Les joueurs n’ont pas caché leur plaisir à retrouver les courts, mercredi

Charles-Robert Dionne a enfin pu frapper des balles au Club de tennis et squash Montcalm, mercredi.
Photo Stevens LeBlanc Charles-Robert Dionne a enfin pu frapper des balles au Club de tennis et squash Montcalm, mercredi.

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Les adeptes de tennis ne demandaient pas mieux que de retrouver leur raquette et leurs balles après avoir été forcés de prendre une pause de deux mois. Même si les mesures gouvernementales limitent toujours les interactions sociales, les sourires étaient nombreux aux abords des terrains.  

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« C’est un vrai bonheur et on attendait ça depuis que la belle saison est commencée. Je suis très heureux que le gouvernement nous ait accordé le droit de jouer. J’avais même marqué mes balles ! » a lancé Charles-Robert Dionne, membre du Club de tennis et squash Montcalm, en sortant du court. 

Le complexe du boulevard Champlain, à Québec, a pu profiter de ses sept terrains extérieurs pour rouvrir ses portes sous un soleil de plomb, mercredi, avec le retour de la pratique libre en simple.

Le professionnel du club Montcalm Jean-Michel Guimond
Photo Stevens LeBlanc
Le professionnel du club Montcalm Jean-Michel Guimond

La distanciation physique de 2 m devait être respectée en tout temps et chaque joueur devait servir avec ses propres balles.

Le club avait aussi pris soin d’installer des bouteilles de désinfectant près des filets ainsi que des toilettes portatives. Les vestiaires et les salles communes demeurent fermés. 

« Les gens sont vraiment heureux et contents de retourner sur les terrains [...] Mentalement, les gens avaient besoin de bonnes nouvelles pour sortir. Le téléphone ne dérougit pas au niveau des nouveaux abonnements depuis quelques jours et notre taux d’occupation est à 95 % pour notre première journée », a révélé au Journal le professionnel du Club Montcalm, Jean-Michel Guimond, qui possède aussi son académie de tennis. 

Aucune crainte

Les amateurs rencontrés n’avaient aucune inquiétude à recommencer de pratiquer leur sport favori. Ils se sont rapidement adaptés à la nouvelle réalité pandémique. 

« Je n’avais absolument aucune crainte, et déjà j’étais habitué à cueillir la balle avec le pied pour la renvoyer [à l’autre joueur]. Ça peut être plus difficile pour les débutants, mais ça se fait. Socialement et physiquement, ça fait du bien, car le confinement, en étant seul, ce n’est pas toujours facile », a mentionné Gino Ouellet, qui fréquente l’endroit plusieurs fois par semaine. 

« Je n’avais pas vraiment vu de gens depuis que je suis revenu de voyage, à la mi-mars, de la Floride, puisque j’avais dû me mettre en quarantaine », a renchéri son partenaire, Serge Gagné. 

M. Dionne, qui a été champion canadien en 1979, est toutefois impatient de s’asseoir entre amis après avoir sué un coup. 

« Le tennis et le golf, ce sont des sports où il y a du social. C’est un aspect qui va nous manquer, tout comme les tournois », a reconnu l’homme de 69 ans, ajoutant qu’il serait possible de respecter les règles de distanciation même en double.  

Intérêt

Entraîneur à l’Académie Aliassime (anciennement Hérisset-Bordeleau) du club Avantage, Stéphane Paquet croit que le tennis gagnera en nouveaux adeptes avec la reprise hâtive des sports individuels. Aucune date n’a été avancée pour la reprise des sports collectifs. 

« C’est une discussion que j’ai eue avec mon patron, Sam Aliassime [père de Félix Auger-Aliassime, 20e joueur mondial]. On voyait déjà une hausse depuis quelques années avec [l’essor de] Félix, Denis Shapovalov et Bianca Andreescu, et on pense que plusieurs personnes vont se diriger vers les sports individuels », a-t-il avancé.

Les cours devront attendre

Les écoles de tennis espèrent qu’elles auront le feu vert des autorités sanitaires avant longtemps pour organiser leurs camps estivaux. 

À l’Académie Aliassime du club Avantage, ce sont plus de 500 jeunes qui participent à ces camps annuels un peu partout sur le territoire de la ville de Québec.

L’entraîneur Stéphane Paquet ne voit pas comment l’enseignement aux enfants et aux adolescents ne pourrait pas reprendre avec l’application de la distanciation physique.

« Je trouve que c’est sévère. Je suis allé à l’ouverture du parc Victoria, j’ai frappé des balles avec un ami, on était loin et on a gardé la distance. On fait attention avec nos balles. Je pense qu’il y aurait moyen de donner des cours privés en frappant avec nos enfants, ça pourrait se faire. On est surpris que les cours privés ne puissent pas reprendre », a-t-il affirmé au bout du fil.

Restrictions

Même si la pratique libre est autorisée, Tennis Québec a bien averti ses membres de ne pas se livrer à des séances d’entraînement ni qu’un coach échange des balles avec un apprenti. La fédération ne veut prendre aucun risque et ne violer aucune mesure gouvernementale.

« Personnellement, on trouve ça long, mais je pense que tous les sports trouvent ça long et on ne connaît pas toutes les modalités de ce qui va se passer. Il y a une chose qui est certaine, c’est qu’on se trouve extrêmement chanceux d’être parmi les premiers sports à repartir», a soutenu le directeur de l’école de tennis qui porte son nom, Jean-Michel Guimond. Son académie accueille en moyenne 400 jeunes par été.

« Si tout se passe bien et que tout le monde respecte les règles, on pense que le droit d’enseigner va venir dans les prochains jours ou les prochaines semaines », a-t-il ajouté.

Moins d’élèves 

Quoi qu’il en soit, il faut s’attendre à une diminution de la capacité des écoles de tennis lors de la reprise des cours et des camps. 

« On a préparé quelque chose en fonction de moins de jeunes par semaine avec un maximum de quatre jeunes par terrain. On va diminuer le ratio. Habituellement, c’est un coach pour huit jeunes ou pour sept jeunes, mais là, ce sera un coach pour quatre jeunes », a expliqué Stéphane Paquet.