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Influenceurs et pandémie: de nombreux contrats perdus

Il n’y a pas que les artistes qui doivent se réinventer, les influenceurs aussi

Lydiane St-Onge
Photo courtoisie Lydiane St-Onge, voyage
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Si leur métier repose sur la publication de contenu à faire rêver pour des milliers d’abonnés, ils ont vu fondre leurs contrats depuis le début de la pandémie, les forçant à réorienter leur contenu.

Les influenceurs en voyages sont particulièrement touchés par la crise. Le 15 mars dernier, Lydiane St-Onge, une des globe-trotteuses les plus populaires au Québec sur les réseaux sociaux, a vu toute son année financière « s’effondrer ».

« Je voyais qu’il y avait zéro dollar qui allait entrer dans les prochains mois, confie celle qui devait se rendre en Afrique du Sud en avril et au Sri Lanka cet automne. Ce qui me sauve en ce moment, c’est ma boutique en ligne. On va même fabriquer des masques en coton bio. »

PO Beaudoin, lifestyle et voyage<br/>
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PO Beaudoin, lifestyle et voyage
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PO Beaudoin, dont le marketing d’influence est axé autour du « lifestyle », était en voyage de presse aux États-Unis lorsque la crise a débuté. Arrivé au pays, il a vu la plupart de ses contrats être repoussés.

« Mais je n’ai pas arrêté de travailler, confie-t-il. Il faut trouver de nouveaux concepts, rester créatif et essayer de se réinventer. La consommation de réseaux sociaux est vraiment plus grosse qu’avant le confinement. Une raison de plus pour essayer d’être plus présent. »

Sarah Couture, mode et voyage<br/>
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Sarah Couture, mode et voyage
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Dans d’autres secteurs, comme la mode, les influenceurs ont aussi subi un dur coup, révèle Sarah Couture, qui gère Les Trouvailles de Sarah. Elle a même eu une réflexion quant au message de consommation qu’elle projette.

« C’est délicat, dit-elle. Je suis consciente que ce n’est vraiment pas la priorité, s’acheter une robe pour l’été. Je n’ai pas envie de dire aux gens de consommer. Mais je me suis dit que j’allais quand même faire mon contenu mode, que ça peut changer les idées de certaines filles, et c’est ça le commentaire qui revient. »

Alicia Moffet, chanteuse et Youtubeuse<br/>
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Alicia Moffet, chanteuse et Youtubeuse
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« C’est sûr qu’il y a eu un gros impact, mais on est chanceux d’être dans cette business-là, parce qu’il y a beaucoup de moyens de s’arranger et de faire les choses autrement », estime Alicia Moffet, qui vit du marketing d’influence depuis trois ans.

Stimuler la consommation locale

Ce moyen de faire autrement, en ce moment, est de se tourner vers la promotion d’entreprises d’ici et du tourisme local. PO Beaudoin confie avoir créé un projet pour cet été pour faire rayonner les régions du Québec, dans la mesure où les directives du gouvernement le permettent. Les demandes de collaboration avec des entreprises d’ici se font plus nombreuses, dit-il.

Même chose du côté de Lydiane St-Onge, qui souhaite maintenant davantage stimuler les voyages au pays. « Je faisais de l’organisation de voyages de groupes. Mais pourquoi on ne ferait pas des voyages de groupes au Canada ? C’est quelque chose à quoi on ne pense pas nécessairement. »

Sarah Couture a elle aussi le souci d’encourager local. « Chaque jour, j’essaie de présenter une nouvelle compagnie d’ici. Et ce n’est pas nécessairement commandité », avoue-t-elle.

L’après-COVID-19

Après la crise, les influenceurs s’attendent à ce que les compagnies consacrent autant, sinon plus d’argent dans le marketing d’influence.

Cela dit, malgré les contrats perdus, les influenceurs ont toujours leur importance, même si, au Québec, ils ont mauvaise presse, confie Alicia Moffet.

« Partout dans le monde, comme aux États-Unis, les gens sont fiers de dire qu’ils sont influenceurs. Ils l’écrivent dans leur bio sur Instagram, parce que c’est “hot”. Mais j’ai l’impression qu’au Québec, ç’a tellement été ridiculisé que c’est rendu que j’ai une petite gêne de dire que je travaille sur les réseaux sociaux. »