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La santé financière, la priorité urgente après la crise sanitaire

Piggy bank under blue umbrella, 3D rendering
Illustration Adobe Stock

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Maintenir leur santé financière pendant, mais surtout après la crise causée par la pandémie est le grand défi que devront relever les Québécois au cours des prochains mois.  

Même si le gouvernement permet la réouverture progressive des différents secteurs de l’économie, de nombreux travailleurs et entrepreneurs sont dans l’incertitude.   

Plusieurs ont perdu leur gagne-pain, d’autres ne savent pas quand ils seront réembauchés par leur employeur. Heureusement, les aides fédérales permettent de garder la tête hors de l’eau, comme la Prestation canadienne d’urgence ou le soutien financier pour les entreprises, un prêt pouvant aller jusqu’à 40 000 $.   

Cependant, ces mesures sont temporaires et prendront fin à très court terme. « C’est comme un respirateur artificiel avec une date d’expiration », analyse Éric Lebel, associé, conseiller en redressement financier et syndic autorisé en insolvabilité chez Raymond Chabot. Autrement dit, le réveil pourrait être très difficile quand on débranchera le respirateur...  

Le budget : un geste préventif  

Les experts anticipent une situation de fragilité financière sans précédent pour des milliers de Québécois. Au bout du compte, propositions de consommateurs et faillites personnelles risquent de se multiplier lorsque les aides fédérales arriveront à échéance. Dans ces conditions, comment ne pas être balayé par la vague et demeurer sur la voie de la santé financière ? Éric Lebel recommande d’effectuer un bilan exhaustif de sa situation personnelle afin de mieux faire face aux incertitudes économiques des prochains mois.   

À cet égard, établir un budget est le premier geste à poser.   

« Pour préserver notre santé physique, les autorités nous demandent de nous laver les mains et de maintenir une distance de deux mètres. Pour préserver notre santé financière, faire un budget et le suivre régulièrement est également un geste préventif », souligne Éric Lebel. Selon lui, ceux qui ne prévoient pas l’après-crise dès maintenant risquent fort de tomber dans un véritable gouffre financier.  

Adapter sa situation  

Pour éviter la débâcle, il faut dès maintenant préparer son budget en tenant compte de différents scénarios, par exemple en fonction de vos revenus actuels ou de ceux que vous pourriez recevoir si vous retrouvez votre emploi à court terme. Il est également important de le suivre de près et de l’adapter selon l’évolution de la situation.   

« Si vous envoyez à nouveau votre enfant à la garderie, il faut intégrer ces dépenses. Inversement, si votre employeur vous demande de continuer à travailler à distance, déduisez les coûts reliés au transport. Si vous cessez de toucher la PCU, retranchez ce montant, etc. », illustre Éric Lebel.   

Véritable polaroïd de notre santé financière, le budget nous aide aussi à vivre selon nos moyens, parce qu’il est un reflet réaliste des sommes dont on dispose réellement. L’accès facile au crédit a tendance à brouiller les cartes en nous laissant croire que l’on dispose de plus d’argent que l’on en a vraiment.  

Souvenez-vous que la crise pourrait laisser des traces économiques pendant longtemps. Changer votre façon de gérer votre argent vous aidera à tirer votre épingle du jeu. « Pour passer au travers, le secret est que nos finances personnelles soient le plus saines possible. Reconsidérez votre façon de consommer, réfléchissez bien avant de faire des dépenses inutiles et, autant que possible, évitez le recours au crédit », conseille Éric Lebel.   

Conseils    

  • On trouve de nombreux modèles de budget sur internet, par exemple celui de Raymond Chabot (https://www.raymondchabot.com/fr/evaluez-votre-situation/budget-en-ligne/). On peut les remplir en ligne et faire instantanément le point sur sa santé financière.  
  • Le budget doit s’adapter aux changements qui interviennent dans notre situation personnelle et en fonction des facteurs externes (augmentation ou baisse des revenus, nouvelles dépenses, etc.). Mettez-le à jour régulièrement et revoyez votre stratégie en conséquence.  
  • Avec la crise, plusieurs créanciers se sont montrés plus patients et ont accepté de reporter certains paiements. Mais cela ne durera pas éternellement. Si vous avez les moyens de continuer à payer vos factures sans nuire à vos besoins essentiels, ne repoussez pas ces obligations à plus tard. Cela vous évitera de vous retrouver devant une montagne de dettes dans quelques mois.