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Le Québec en déconfinement: les restos devront être créatifs

Les propriétaires font preuve de beaucoup d’ingéniosité en attendant le feu vert pour accueillir leurs clients

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Même s’ils ne savent pas encore quand ils pourront rouvrir, plusieurs restaurateurs font déjà preuve de créativité pour assurer un service en toute sécurité. 

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« Il va falloir que le sanitaire devienne sexy », lance Jean-Thomas Henderson, professeur de gestion à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec.  

Selon lui, les restaurateurs devront redoubler d’efforts pour faire preuve de transparence sur l’hygiène pour attirer la future clientèle. Selon lui, l’hygiène et la sécurité devront devenir « des éléments de marketing ». 

Pour ce faire, des propriétaires réfléchissent déjà à une nouvelle manière de servir les clients tout en respectant les mesures d’hygiène. 

Pour François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association restauration Québec, les restaurateurs sont en grande réflexion en ce qui a trait à la distanciation.  

« Mais il va y avoir d’autres règles qui vont être discutées par la santé publique, il reste encore beaucoup d’inconnu. »  

Sur des roulettes 

Photo Clara Loiseau

Pour limiter les manipulations, des propriétaires pensent à mettre en place une desserte sur roulettes.  

« Avec ce système, le cuisinier posera les assiettes sur le guéridon, le serveur tirera la desserte jusqu’à la table des clients, qui prendront eux-mêmes leur assiette », explique Yves Robillard, copropriétaire du restaurant Cabotins, à Montréal. Il a fabriqué son engin à partir de roues de vélo et d’une ancienne table. 

Cette idée est également évoquée par Dominic Laflamme. Il veut en créer un qui dégage de la chaleur pour éviter que les plats refroidissent. 

« On utilisera aussi ce guéridon pour que les clients puissent mettre leur vaisselle sale dessus et qu’on l’emmène à la plonge sans y toucher », indique M. Laflamme. 

La desserte sera désinfectée après chaque manipulation.  

Toujours à deux mètres 

Les restaurateurs et tenanciers ignorent quelle capacité d’accueil leur sera imposée, mais le deux mètres de distance risque de demeurer en vigueur. Certains se creusent déjà la tête pour aménager leur salle.  

La chose n’est pas simple, insiste Pierre Thibault, président de la Nouvelle association des bars du Québec et propriétaire de la Taverne St-Sacrement, sur le Plateau-Mont-Royal.  

« Il y a des restaurants qui ne pourront pas appliquer cette mesure, ayant un trop petit nombre de places. Ils ne pourront pas survivre avec trop peu de clients », dit-il. 

Les restaurateurs se préparent aussi à fournir des masques et des visières à leurs employés, qui ne pourront pas toujours respecter les deux mètres de distance, ce qui s’ajoutera à leurs frais d’exploitation.  

Métier : désinfecteur 

Un employé pourrait avoir pour seule tâche de désinfecter les tables, chaises et toilettes. 

« On pense déjà à garder une seule toilette ouverte au lieu de trois, pour qu’elle soit désinfectée après chaque client », indique le restaurateur Dominic Laflamme.  

Des menus sur le téléphone 

Plusieurs restos vont supprimer les menus au lieu de toujours les désinfecter.  

Aux Cabotins, dans Hochelaga-Maisonneuve, les clients seront invités à le consulter sur leur téléphone cellulaire. « Grâce à cela, on va pouvoir se concentrer sur d’autres tâches », explique Yves Robillard, copropriétaire de l’établissement. 

D’autres vont utiliser des applications téléphoniques déjà existantes, comme PizzLi. « Au lieu d’entrer leur adresse, les clients pourront mettre leur numéro de table. Comme le paiement est intégré, ça enlèvera une autre manipulation à la fin du service », soutient Dominic Laflamme, propriétaire de quatre restaurants à Montréal.  

Gestion d’ustensiles 

Les tables déjà dressées pourraient bien disparaître à certains endroits. Au restaurant Cabotins, les clients auront un panier rempli d’ustensiles et de serviettes pour chaque table. Ce seront eux qui « mettront la table ». 

Pour le copropriétaire Bertrand Lacour, « le serveur aura moins à toucher les fourchettes et les couteaux, et ça nous permettra aussi de gagner du temps. Car en plus de redresser la table pour d’autres clients, on aura tout un nouveau travail de désinfection à faire », explique-t-il.  

Le règne des cloisons 

Photo AFP

La réouverture des restaurants dans d’autres pays inspire aussi les restaurateurs montréalais. Comme on peut le voir ci-dessus, en Italie, des propriétaires ont opté pour l’installation de panneaux de plexiglas. 

« Ça va ressembler à des petits cubicules, comme dans certains bureaux, mais les cloisons vont être transparentes », illustre Dominic Laflamme, entre autres propriétaire du restaurant État-Major, dans Hochelaga. Avec cette installation, le restaurateur pourrait diminuer légèrement les deux mètres de distance. « Évidemment, c’est à condition que le gouvernement dise que c’est légal », ajoute-t-il. 


Selon un sondage réalisé par l’Association restauration Québec, 30 % des restaurateurs estiment qu’ils pourront demeurer encore en affaire seulement entre un et trois mois si les salles à manger n’ouvrent pas rapidement.