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On ferait quoi avec la parade?

Marc Bergevin
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Si le Canadien participe aux séries, Marc Bergevin aura atteint son objectif.

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Suivez le cash. Et si on suit le cash, on va se retrouver à NBC avec un tournoi éliminatoire pour la conquête de la coupe Stanley.  

Suivez le cash. NBC a investi quelques milliards pour présenter les Jeux olympiques de Tokyo en juillet et août 2020. Pas des millions, des milliards.  

  • Écoutez l'entrevue de Réjean Tremblay avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

Suivez le cash. Et en suivant le cash, vous allez réaliser que les centaines d’heures de programmation réservées aux Jeux, au moins 200 confirmées, creusent un trou béant dans l’offre du grand réseau américain à sa clientèle.   

Suivez le cash. Et on va comprendre que le tournoi éliminatoire sur lequel planchent Gary Bettman et ses acolytes de la Ligue nationale pourrait boucher une bonne partie de ce gouffre entre le 23 juillet et le 8 août. Douze heures de hockey par jour au lieu de douze heures d’athlétisme, de natation ou de sports de combat. Bettman sauve sa mise et ses droits de télévision versés par NBC, Sportsnet et TVA ; et NBC n’est pas obligé de présenter des reprises de Jinny et des Joyeux naufragés.   

Suivez le cash. En lisant les directives sur l’ouverture de la frontière américaine d’ici la fin de juin, vous allez vous rendre compte que la quatrième ligne permet beaucoup de choses : seront admis les gens qui viennent aux États-Unis pour le travail. Est-ce que cette ouverture comprend les Russes, les Slovaques, les Suédois et les Finlandais, j’attends le retour d’appel de Jonathan Guay pour le savoir.  

Le triomphe de Bergevin  

Mais cela dit, il va rester un gros problème à solutionner. Mettons que Bettman décide d’un tournoi à 24 équipes, ça veut dire que les Glorieux pourront participer aux séries. Donc que Marc Bergevin aura atteint son objectif.  

Et vous savez ce qu’il dit tout le temps le beau Marc ? Une fois rendu dans les séries, tout est possible. Tout peut arriver.  

Même gagner la coupe Stanley.  

Mais si le CH gagne la coupe, parce que Marc l’a dit, tout peut arriver même si c’est piteux de rentrer dans les séries par la porte de la cave d’en arrière, donc si le CH gagne, il va y avoir une parade.   

Consignes  

 Le hic, c’est que Smiling Val et Caroline Proulx, la ministre du Tourisme, l’ont dit. Pas de gros événement au Québec avant le 31 août. Distanciation, pas plus de 250 personnes, deux mètres, le masque...  

C’est bien beau gagner. Mais comment on fait la parade de la coupe Stanley ? En l’étirant jusqu’à Saint-Hyacinthe ?  

J’attends un retour d’appel de Jonathan Guay...  

P.-S. : Appel d’un collègue de Jonathan Guay : « Y vont avoir le droit à 10 personnes avec trois adresses dans le groupe. C’est annoncé aujourd’hui ».  

Toute une parade mon Geoff !  

 Le rêve brisé d’une Équipe Québec  

 Hier matin, quand on a fait jouer un peu partout la voix douloureuse de René Lévesque invitant les Québécois à un prochain rendez-vous, ça m’a brisé le cœur. Et ça m’a foutu en rogne pour une bonne partie de la journée.  

 Ça fait 40 ans : 20 mai 1980. Une question trop complexe, l’affaire des Yvette, le mensonge éhonté de Pierre Elliott Trudeau, la trouille devant le défi d’être un peuple responsable et, pour des centaines de milliers de personnes, un attachement respectable au reste du Canada ont conduit à une défaite dont les conséquences sont incalculables.   

 C’est un peu simpliste, mais demandez-vous si la société québécoise est plus vigoureuse, plus autonome, plus riche et plus libre qu’elle ne l’était le 19 mai 1980 ?   

Elle tourne au multiculturalisme du père Trudeau. C’est peut-être la route du bonheur.  

Équipe Québec  

La semaine prochaine, Bob Sirois, l’ancien capitaine des Capitals de Washington, publie un livre sur les espoirs d’une équipe nationale du Québec. Une équipe qui pourrait participer à certaines grandes compétitions internationales, comme c’est le cas pour l’Écosse, l’Irlande ou le pays de Galles.  

Cet exercice, on peut le faire d’une autre façon. Si René Lévesque avait gagné son pari appuyé sur la maturité d’une nation, comment auraient vécu et performé les athlètes du Québec dans les grandes compétitions ?  

On le sait, surtout dans les années 80 et 90, les Québécois auraient tenu tête à n’importe quelle puissance au hockey. Une finale Québec-Union soviétique à Sarajevo aurait été fabuleuse.  

Nos patineurs et skieurs auraient brillé encore plus, libérés de la pesante discrimination des fédérations canadiennes et surtout, les athlètes, dans leur uniforme bleu et avec leur drapeau fleurdelisé, auraient été les fers de lance du nouveau pays sur la scène internationale.   

La game s’est jouée en deux rondes  

Les petits pays comptent sur leurs athlètes pour être des relationnistes de grande envergure. La Suède, la Suisse, la Finlande, le Danemark, l’Autriche et même les pays comme la Lettonie ou la Lituanie. Pas pour rien que Bob Hartley est coach d’une équipe nationale.   

Marc Gagnon, Frédéric Blackburn, Gaétan Boucher, Mikaël Kingsbury, Isabelle Charest, Nathalie Lambert, Marie-Philip Poulin, Félix Auger-Aliassime auraient été d’aussi grands athlètes.   

Mais la game s’est jouée en deux rondes. Une défaite claire en 80 et une défaite teintée de tricherie en 95.   

Nos gars et nos jeunes femmes vont continuer à se faire valoir en rouge et pour eux, c’est sans doute ce qu’il y a de plus grisant.  

Life goes on, comme on dit dans la langue des propriétaires...  

DANS LE CALEPIN | Régis Lévesque est revenu hier à la maison chez sa fille Annie. L’hôpital Marie-Clarac compte de trop nombreux cas de COVID-19. Il va pouvoir tirer une poffe. Merci Annie...