/misc
Navigation

Retrait américain du traité «Ciel ouvert»: un autre pari risqué

L'U.S. Air Force OC-135, avion d’observation Open Skies
Photo d'archives, AFP L'U.S. Air Force OC-135, avion d’observation Open Skies

Coup d'oeil sur cet article

Le président américain a confirmé un peu plus tôt que son pays se retirait du traité «Ciel ouvert». Regroupant 35 pays, le traité est entré en vigueur en 2002, mais l’objectif poursuivi avait été évoqué par Dwight Eisenhower dès 1955.  

Ce traité «établit un régime de vols d’observation par des aéronefs non armés au‐dessus de l’ensemble du territoire des pays signataires, et il est conçu pour promouvoir la compréhension et la confiance mutuelles en donnant à tous les participants la possibilité et les moyens de recueillir des informations sur les forces et les activités militaires qui les préoccupent».1  

Pour justifier ce retrait, Donald Trump affirme que la Russie n’a pas respecté l’entente et qu’il est désormais possible d’obtenir autrement les données recueillies lors de ces vols d’observation.  

La décision étonne bien des observateurs et l’ancien directeur de la CIA sous George W. Bush, Michael Hayden, a eu ces mots sans équivoque: «this is insane». C’est de la folie.

Si le comportement de la Russie irrite, les partisans du traité font valoir que celui-ci permettait aux États-Unis de mieux soutenir leurs alliés (on pouvait par exemple survoler l’Ukraine ou la Crimée). Ce traité constitue également le seul moyen rapide et direct de survoler l’espace aérien russe. Les satellites ne suffisent pas. Fait rare, démocrates et républicains ont émis de très sérieuses réserves et des critiques de la décision du président américain.  

Non seulement a-t-on l’impression que le monde est devenu un peu moins sûr en raison de ce retrait, mais on peut craindre une escalade avec la Russie. Donald Trump fait le pari que, confrontée au désistement américain, la Russie demandera de renégocier des dispositions de l’entente. Les risques encourus me semblent plus importants que les probabilités de remporter ce pari audacieux.  

Pendant ce temps, les alliés des États-Unis reçoivent une gifle, une autre...  


1. Avec la Hongrie, le Canada est dépositaire du traité.