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Trump au Michigan: quiproquo

Trump au Michigan: quiproquo
AFP

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Vous vous souvenez de cet «appel parfait» entre le président américain et Volodymyr Zelensky? Lors de cet échange désormais célèbre, Donald Trump demandait un petit service au président ukrainien en échange d’une aide financière américaine.  

Alors que le président se rend au Michigan pour visiter une usine Ford, une nouvelle controverse autour de gazouillis présidentiels fait surface. Le lien avec l’Ukraine? Une tentative de chantage. Le vote du Michigan sera crucial pendant la prochaine campagne électorale et Donald Trump y accuse actuellement un retard significatif sur son rival démocrate.   

Dans un gazouillis qu’il a légèrement modifié par la suite, le président américain a accusé les autorités de l’État de favoriser la fraude électorale. Rien de moins. Comment?    

En s’assurant de vérifier que 7,7 millions d’électeurs puissent se manifester le jour du scrutin. On vérifie les coordonnées et on envisage de faire parvenir des bulletins de vote par la poste. Puisque la menace de la COVID-19 risque de planer sur le vote du 3 novembre, électeurs et dirigeants favorisent le vote par la poste.   

S’il a d’abord accusé l’État de faire parvenir des bulletins de vote, Trump a ensuite constaté son erreur. Malgré la correction, il a maintenu une menace à l’endroit des dirigeants du Michigan: si vous continuez à encourager le vote par la poste, je coupe l’aide fédérale.  

Au moment où l’État doit gérer l’épidémie et de récentes inondations, la menace est grossière. Pourquoi freiner les initiatives des États (ils sont nombreux) qui s’assurent ainsi qu’un maximum d’électeurs puissent exercer leur droit de vote de manière sécuritaire?   

Donald Trump invoque un risque de fraude électorale. Si l’intégrité des résultats est effectivement une préoccupation des autorités, il est remarquable que le président n’ait visé que deux États dans ses attaques jusqu’à maintenant: le Michigan et le Nevada. Deux États où il tire de l’arrière.   

Outre le souci de sécurité, les stratèges républicains semblent convaincus que le vote par la poste ou par correspondance favorise les démocrates. Ils croient être avantagés si on oblige les gens à se déplacer pour enregistrer leur vote.   

Jusqu’à maintenant, les tribunaux ont rendu des décisions contradictoires sur la question. Au Nevada, on peut aller de l’avant, alors qu’au Michigan, vous vous souvenez peut-être que, pour les primaires, on avait forcé les gens à se présenter à l’isoloir.   

Si vous aviez encore besoin d’être convaincus que l’élection 2020 risque d’être chaotique, même historique, ce devrait être chose faite maintenant. Il faut fouiller l’histoire américaine en long et en large pour trouver un équivalent à la situation actuelle ou à des propos aussi controversés d’un président américain.   

La visite présidentielle à l’usine Ford est également marquée par une seconde petite controverse. Les dirigeants de l’usine, qui fabrique maintenant du matériel destiné aux hôpitaux, ont demandé que Donald Trump porte un masque pour l’occasion. Le président a toujours refusé d’en porter un jusqu’à maintenant et la Maison-Blanche n’a toujours pas confirmé s’il se conformera à la requête.