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Joe Biden entre plagiat et mensonges

Joe Biden entre plagiat et mensonges
AFP

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Encore un peu plus de cinq mois avant le vote du 3 novembre, mais déjà, depuis un certain temps, les coups pleuvent. Si Donald Trump en reçoit beaucoup, même confiné à son sous-sol, Joe Biden ne peut échapper à quelques salves de ses opposants.  

  • ÉCOUTEZ Luc Laliberté à QUB radio:

La campagne présidentielle sera plus dure que jamais. Déjà, depuis quelques jours, les partisans des deux camps exploitent le contexte de la crise sanitaire pour se lancer des accusations de fraude électorale. Comme chacun des États a la responsabilité de l’organisation du vote sur son territoire, le potentiel de conflits réels ou présumés est énorme.   

Même si la COVID-19 prend beaucoup de place, on constate aussi que les attaques personnelles ne manqueront pas. Les démocrates préféreraient sans doute qu’on considère cette élection comme un référendum sur la performance et la personne de Donald Trump, mais un article de Liz Peek publié sur The Hill ce matin indique qu’on n’accordera pas une «passe» gratuite au candidat démocrate.   

Mme Peek a longtemps travaillé comme analyste à Wall Street et elle commente régulièrement l’actualité du monde de la finance. Elle intervient généralement sur des plateformes plus conservatrices. Habituellement favorable aux républicains et au président Trump, elle rappelle aujourd’hui le passé trouble de Joe Biden. Nous connaissons déjà la réputation de gaffeur du démocrate, mais certaines de ses déclarations passées relèvent effectivement du mensonge.   

Soyez assurés qu’on rappellera à Biden ses «petits oublis» ou ses «récupérations» du travail d’autrui. Les démocrates ne se priveront pas d’attaquer la réputation du candidat Trump, mais tous les coups seront également permis à l’endroit de l’ancien vice-président. Et la matière ne manque pas.   

Plusieurs des exemples présentés par Peek ce matin sont connus et documentés. J’en rappelle quelques-uns. Joe Biden a régulièrement exagéré ses réussites sur le plan académique ou revendiqué un héritage familial qui n’était pas le sien. Quand il n’a pas carrément menti, il a déformé ou embelli les faits.    

Vous vous souvenez peut-être que le Washington Post a déjà démontré que Biden avait aussi inventé une rencontre avec un officier en Afghanistan. Un incident impliquant un héros décoré. La rencontre n’a jamais eu lieu, pas plus que cette arrestation dans les années 1970 parce qu’il voulait rencontrer Nelson Mandela en prison.   

Aux fabulations et «trous de mémoire» du candidat démocrate, il faut ajouter quelques accusations de plagiat. Plagiat pendant ses études universitaires et, surtout, plagiat d’un discours pendant sa première tentative lors des primaires démocrates de 1987-1988.    

Les amis et les partisans du candidat démocrate attribueront les faux pas de Biden à sa confusion légendaire et mettront en avant sa personnalité attachante. Si cette stratégie peut rassurer un certain nombre d’électeurs, il ne faudrait pas oublier que cette élection, comme bien d’autres, tournera éventuellement au «mud wrestling», au combat dans la boue.   

Donald Trump est le champion toutes catégories de la lutte dans la boue. Il ne recule jamais et ne retient aucun coup. Dix-huit adversaires républicains ont échoué à le déstabiliser, peu importe la stratégie employée. Hillary Clinton doit encore faire des cauchemars. Le chemin le plus sûr, pour Joe Biden, demeure la discrétion. Tant et aussi longtemps que les projecteurs sont braqués sur le président, il n’a pas besoin d’en faire trop ou d’être constamment à l’attaque.    

Joe Biden doit éviter de jouer sur le terrain de Donald Trump et résister à la tentation de répondre coup pour coup. S’il veut conserver ses chances de l’emporter – elles sont bonnes selon les derniers sondages –, il doit demeurer prudent et miser sur l’annonce de l’identité de sa colistière. Limité à des interventions virtuelles depuis le début de l’épidémie, il est moins tenté d’improviser. Maintenir cette discipline est primordial, on contrôle le message et on limite les bourdes.   

Le lien vers l’article de Liz Peek est ici.