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Le Québec s’embrase pour le BBQ

Le prix rehaussé du bœuf n'a pas empêché les carnivores de s’en procurer pour leurs premiers rassemblements

Justin Bourassa était entouré de ses proches près du BBQ, à Québec.
Photo Didier Debusschère Justin Bourassa était entouré de ses proches près du BBQ, à Québec.

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Nombre de Québécois se sont rués chez le boucher vendredi, malgré la hausse du prix du bœuf, afin de s’offrir des grillades qu’ils ont enfin pu dévorer avec famille et amis. 

« On n’est pas dangereux pour personne ! Ça va faire du bien », a lancé vendredi Cédric Ross-Bergeron, 40 ans, un père de famille de Québec guéri de la COVID-19.  

Il n’a pas caché sa joie d’avoir été invité à son premier barbecue de l’année. 

Il s’agissait pour lui d’une première soirée de répit avec des amis depuis son retour de voyage, en mars. 

L’assouplissement des règles et le beau temps ont simplement décuplé son niveau de soulagement. Les craintes à son égard sont maintenant chose du passé. 

« Il était temps ! » a quant à lui laissé tomber Justin Bourassa, 19 ans, heureux de profiter d’un souper sur le gril avec des proches, à Québec également. 

À Montréal, Cloé Loiselle et Maxime Côté, 28 ans, ont reçu un couple d’amis sur leur terrasse dans l’arrondissement de LaSalle. 

Cloé Loiselle et Maxime Côté ont reçu des amis à souper sur leur terrasse, vendredi, à Montréal.
Photo Ben Pelosse
Cloé Loiselle et Maxime Côté ont reçu des amis à souper sur leur terrasse, vendredi, à Montréal.

« C’était plus le beau temps que le déconfinement qui nous a poussés à les inviter », a admis Mme Loiselle, alors que le soleil offrait des conditions idéales pour un repas à l’extérieur, vendredi. Ils se sont toutefois assurés de garder leurs distances malgré l’assouplissement des règles à respecter. 

Au diable les dépenses 

Plus tôt dans la journée, leur amie Roxane Raymond, 29 ans, a remarqué le prix plus élevé du bœuf lors de sa visite chez le boucher. Elle s’y est procuré les bavettes qu’ils allaient déguster en soirée. 

« On n’avait pas grand-chose pour le prix », a-t-elle constaté. Mais avec tout ce que lui a fait vivre la pandémie, elle n’avait que très peu à faire de cette hausse. 

Comme elle, une multitude de Québécois se sont précipités chez des marchands locaux, vendredi. 

« On vend beaucoup de viandes à BBQ, a affirmé Monique Vignaud, propriétaire du Coin des gourmets à Otterburn Park, en Montérégie. 

Toute la journée, des clients ont fait la file devant son commerce. Elle a eu peine à trouver le temps de dîner. 

« Ils sont surtout heureux de l’arrivée du beau temps et de pouvoir manger en famille à l’extérieur », a-t-elle poursuivi. 

Grandes quantités 

« Depuis que les petits rassemblements sont permis, les clients achètent en plus grandes quantités. Ils disent qu’ils vont recevoir de la famille dans les prochains jours », a ajouté Benoit Cholette, gérant au Comptoir la Cochonne rit, à Chambly.   

Le propriétaire de la Galerie des viandes à La Prairie, également sur la Rive-Sud de Montréal, Yannick Hamel, a aussi noté que les commandes des clients étaient « particulièrement grosses », vendredi. 

Yannick Hamel servait Laurent Roberge, un habitué de la Galerie des viandes, à La Prairie.
Photo Chantal Poirier
Yannick Hamel servait Laurent Roberge, un habitué de la Galerie des viandes, à La Prairie.

Les produits recherchés étaient les brochettes, les viandes marinées, les saucisses et les steaks, ont comptabilisé les bouchers.  

« On n’a pas le choix de refiler une partie de l’augmentation aux clients, mais il y a une limite. Par exemple, je perds de l’argent sur le bœuf haché », a confié M. Hamel. 

Celui-ci prévoit un certain retour à la normale d’ici quelques semaines. 


Presque tous les bouchers avec qui Le Journal s’est entretenu ont vu leur chiffre d’affaires bondir... surfant sur la vague de l’engouement local.