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Prise 2: Catherine, la féministe

Prise 2: Catherine, la féministe
PHOTO COURTOISIE/Groupe TVA

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En 1999, une trentenaire délurée et rigolote débarquait à la télévision de Radio-Canada dans une «sitcom» qui portait son prénom. On avait auparavant connu le personnage dans l’excellente comédie «Majeurs et vaccinés», à la même antenne. Mais cette fois, notre colorée Catherine avait tous les projecteurs sur elle. À son très grand bonheur!  

Attachez vos tuques avec de la broche, la tornade «Catherine» reprendra du service dès lundi prochain, flanquée de sa sévère colocataire Sophie (Marie-Hélène Thibault), de sa malcommode propriétaire Rachel (Dominique Michel), de son collègue un brin macho Charles (François Papineau) et de son employé de dépanneur préféré, M. Ming (Khanh Hua), pour qui tout coûtait, on s’en souvient, 5,95 $.  

La chaîne Prise 2 rediffuse l’émission qui a jadis rallié - le vendredi puis le jeudi soir - les téléspectateurs friands des intrigues comiques ficelées par les auteurs Jean-François Léger, Stéphan Dubé et Sylvie Moreau, cette dernière ayant aussi insufflé toute sa folie à Catherine en la personnifiant.  

«J’ai toujours été très fière de ce projet-là, tant au niveau de la production, des créateurs que de l’écriture, se réjouit la comédienne en entrevue. Et je trouve, franchement, que ç’a assez bien vieilli, parce que c’était de grande qualité. Je suis contente que ça revienne, parce que ç’a vraiment créé un engouement; je m’en fais encore parler, 15 ans plus tard.»  

Prise 2: Catherine, la féministe
PHOTO COURTOISIE/Groupe TVA

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Délinquante et débrouillarde

À la fin des années 1990, Sylvie Moreau commençait à flirter avec la notoriété, comme sa Catherine le faisait avec à peu près n’importe quel homme qui croisait sa route. «Catherine» est entrée dans nos salons peu de temps après que la prestation de Sylvie dans «Post Mortem», de Louis Bélanger (1998), eut lancé sa carrière au cinéma. Mais c’est évidemment «Catherine» qui l’a fait le plus connaître du grand public.  

«Il a souvent fallu que je dise aux gens que j’étais quand même plus intelligente que mon personnage, s’esclaffe l’actrice. J’aimais particulièrement le côté délinquant de Catherine, qui correspond à ma nature dans la vie. Par "délinquance", j’entends le fait de ne pas nécessairement obéir aux règles juste parce qu’il y a des règles...»  

Aux yeux de Sylvie Moreau, il est clair que Catherine incarnait le féminisme avant que le sujet ne devienne matière à débat.  

«Comme je coécrivais, j’ai eu la chance d’y mettre mes propres préoccupations et questionnements sur la séduction, indique la créatrice. Pourquoi une femme séductrice n’est pas perçue de la même façon qu’un homme séducteur? Ce sont des questions que je me posais énormément à ce moment-là, et "Catherine" était un véhicule parfait pour parler de ça. Une femme qui fait la folle ou qui est libre n’est pas du tout perçue de la même façon qu’un homme qui fait les mêmes choses. Pourquoi un homme saoul, c’est drôle, mais une fille saoule, c’est vulgaire? On voulait montrer une fille qui reste charmante et rigolote, en contrôle d’elle-même, même quand elle se place dans des situations qui n’ont pas d’allure. Elle est débrouillarde et a beaucoup d’intelligence sociale.»  

Également diffusée sur TV5 Monde il y a 20 ans, avec sous-titres français pour clarifier l’accent québécois, «Catherine» a permis à Sylvie Moreau de se faire connaître dans des pays comme le Vietnam, l’Espagne et le Bahreïn.  

«À ce moment-là, je jouais beaucoup au théâtre en tournée en Europe, et les gens me reconnaissaient pour "Catherine", se remémore Sylvie Moreau. Eux ne voyaient pas seulement le côté foufou du personnage; ils constataient aussi la grande liberté qu’elle se donnait, de transgresser certaines règles.»  

Prise 2: Catherine, la féministe
PHOTO COURTOISIE/Groupe TVA

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«Rue King»

Ailleurs sur nos écrans, on peut voir Sylvie Moreau dans «Rue King», nouvelle «sitcom» de Club  

illico dont les répliques sont entièrement improvisées. Elle y incarne la maman envahissante et contrôlante de Pier-Luc Funk.  

«L’improvisation a été une grande partie de ma vie et de ma formation, et je l’enseigne aussi à l’École nationale de théâtre. C’est quelque chose que j’ai toujours adoré, qui m’a permis d’explorer mon imaginaire. Ç’a été génial de pouvoir participer à ce projet-là avec, en plus, des improvisateurs incroyables. Dans une émission comme ça, ça prend du punch, être capable de développer, de tendre la main à l’autre, de créer des dialogues. Je trouve la formule extraordinaire, parfaite pour les improvisateurs d’ici, parce qu’on a une grande expertise dans ce domaine», conclut celle qui a longtemps fait partie de la LNI et qui sera de retour dans «L’heure bleue» lorsque les tournages télé reprendront.