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QS, solidaire des futures coupes d’Ottawa?

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Photo Agence QMI, Simon Clark De belle facture, la vidéo met en vedette un Gabriel Nadeau-Dubois cravaté qui, en quelque six minutes, présente une série de « mauvaises décisions » du Parti québécois et du Parti libéral du Québec en matière de gestion de la santé.

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Québec solidaire, dans une récente vidéo, oublie (encore une fois) la responsabilité (pourtant évidente) du fédéral dans un des graves problèmes de l’heure.  

Voilà qui est étonnant pour un parti qui se dit souverainiste.  

Des morts  

De belle facture, la vidéo met en vedette un Gabriel Nadeau-Dubois cravaté qui, en quelque six minutes, présente une série de «mauvaises décisions» du Parti québécois et du Parti libéral du Québec en matière de gestion de la santé.  

  • Gabriel Nadeau-Dubois était à Là-haut sur la colline sur QUB radio:

Sur sa page Facebook, il laisse entendre que ces formations politiques ont des morts sur la conscience: «Ce n’est pas pour rien que le Québec est un des endroits où la pandémie fait le plus de victimes.»  

Le récit est accablant, il faut le dire. Réformes à répétitions depuis 1990 (QS ne mentionne étrangement pas le libéral Marc-Yvan Côté, qui a parti le bal); virage ambulatoire du péquiste Jean Rochon, qui n’a jamais eu l’effet promis de réduire la proportion des budgets d’hôpitaux par rapport aux autres composantes du système (notamment les CLSC).   

Lucien Bouchard apparaît ici comme une sorte de «Lucifer Bouchard» puisqu’il a porté l’objectif «néo-libéral», insiste GND, du «déficit zéro» de 1996. Le message écorche enfin de manière prévisible les mauvais «diagnostics» et piètres «médicaments» des deux principaux ministres-docteurs libéraux, Philippe Couillard et Gaétan Barrette, qui ont conduit aux affres de la centralisation.  

Plusieurs des affirmations et analyses de cette radiographie rapide semblent justes. Des docteurs Diafoirus ont promis des remèdes miracles, tout en s’acharnant sur le patient. Et la pandémie fut un triste révélateur, notamment d’une obésité administrative morbide, de nécroses institutionnelles, etc.  

  • ÉCOUTEZ le commentaire de l'ex-mairesse de Longueuil et chroniqueuse Caroline St-Hilaire à QUB Radio:  

Cause absente  

Sauf qu’une cause importante de ce gâchis est totalement occultée par QS : les compressions draconiennes des transferts fédéraux par le gouvernement de Jean Chrétien à la fin des années 1990. À mon microphone à QUB radio, Gabriel Nadeau-Dubois a expliqué qu’il avait fallu faire des choix pour ne pas que la vidéo soit trop longue.  

Bien sûr, l’atrophie budgétaire prisée par Ottawa à l’époque n’excuse pas entièrement les décisions de nos gouvernements à Québec. Mais encore faut-il avoir conscience qu’en 1995-1996, Ottawa transférait 8,1 milliards $ à Québec en transfert (santé, éducation et péréquation). L’année suivante, il retranchait 1,4 milliard $ et l’année d’après, 1 milliard $ ! Une compression de 30 % sur deux ans.  

QS déteste les «déficits zéro», mais omet de parler du syndrome Chrétien-Martin, qui a consisté à faire disparaître celui du fédéral sur le dos des provinces. Cherchez l’erreur.  

Cette méthode ignominieuse était encore dénoncée mardi dans le National Post par Charlie Mayer. L’ancien ministre conservateur citait entre autres Antonia Maioni, politologue de McGill, qui a démontré que la méthode Chrétien-Martin fut à l’origine de «fermetures d’hôpitaux», de «vagues de compressions» et de «l’augmentation des délais d’attente», etc.  

Mayer sonne l’alerte : le gouvernement de Justin Trudeau, au sortir de la pandémie, sera tenté de s’inspirer de l’ère Chrétien pour sortir Ottawa du trou des finances publiques qu’il vient de creuser.  

QS, cette fois, aura-t-il assez de place dans ses petites vidéos pour mener la bataille?