/news/coronavirus
Navigation

Du 11 septembre 2001 à la COVID-19

Un infirmier québécois habitué aux crises humanitaires travaille dans des cliniques de dépistage à Montréal

CLINIQUE-DE-DEPISTAGE-MOBILE
Photo Agence QMI, Dominick Gravel L’infirmier Réjean Savard est chef d’équipe dans une clinique de dépistage mobile installée dans un autobus de la Société de transport de Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir aidé les victimes de l’ouragan Katrina et des attentats du 11 septembre 2001, un infirmier montréalais prête aujourd’hui main-forte pour une nouvelle crise : celle du coronavirus.  

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie

« La reconnaissance qu’on a dès les premiers jours est incroyable. Ce qu’on donne, on le reçoit au centuple », lance Réjean Savard, qui travaille depuis début mars dans les cliniques de dépistage.  

Comme plusieurs, le coronavirus est venu bouleverser ses plans. L’infirmier en santé et sécurité du travail chez Hydro-Québec avait pris un congé de six mois sans solde pour voyager.   

Lorsque tous ses plans sont tombés à l’eau, il n’était pas question qu’il reste assis sur son divan du quartier de L’Île-des-Sœurs.   

Il a tout de suite été embauché, dès l’ouverture de la clinique de dépistage de la Place des Festivals. Depuis le début mai, il est chef d’équipe dans les cliniques de dépistage mobiles qui testent des centaines de personnes par jour.   

Déluge du Saguenay  

M. Savard a toujours eu le goût d’aider. Son premier engagement remonte à 1996, pendant le déluge du Saguenay.   

« Le bout de la rue où j’habitais avec ma mère était parti dans la rivière. Je me suis dit que si je pouvais faire une différence, j’allais y aller », raconte le Saguenéen d’origine.   

Après quelques jours à évaluer les besoins des sinistrés, il a été embauché en tant que coordonnateur des bénévoles.   

World Trade Center  

Par la suite, l’homme de 45 ans a choisi de prêter assistance lors de crises humanitaires plus loin de chez lui.   

« Le lendemain des attentats du 11 septembre, j’appelais la Croix-Rouge pour donner un coup de main », se souvient M. Savard.   

Il a été déployé deux mois plus tard, alors que les bénévoles se faisaient plus rares, pour venir en aide aux policiers et aux pompiers à New York.   

Il pose (au centre) avec son équipe qui a aidé à la suite des attentats du World Trade Center en 2001.
Photo courtoisie
Il pose (au centre) avec son équipe qui a aidé à la suite des attentats du World Trade Center en 2001.

Il a été particulièrement marqué par une de ses collègues qui travaillait dans la seconde tour du World Trade Center au moment des événements. Lorsque la première tour a été frappée, un malaise l’a poussée à sortir du gratte-ciel, raconte-t-il.  

« Le deuxième avion est rentré dans son unité. Sur les 250 personnes qui travaillaient avec elle, c’était la seule survivante », se remémore-t-il.   

Pendant deux mois, elle s’est portée volontaire tous les jours pour aider.   

« Cela m’a vraiment appris à mettre l’humain avant tout, assure M. Savard. [Les bénévoles] sont des gens de partout qui ont abandonné leur routine, leur noyau, leur vie normale pour pouvoir aider les autres. C’est vraiment un don de soi. »  

L’ouragan Katrina  

En 2005, l’infirmier s’est envolé pour La Nouvelle-Orléans afin d’aider les sinistrés américains du puissant ouragan Katrina qui a fait 1836 morts et causé des dommages s’élevant à 151 milliards $ CAD.   

Il se chargeait de distribuer des cartes permettant de se procurer de l’aide alimentaire.   

« On pouvait recevoir 1000 personnes à l’heure puisque nous étions dans un stationnement de ciné-parc », précise M. Savard.  

Plus récemment, il a offert ses services lors des inondations historiques de Saint-Jean-sur-Richelieu en 2017.   

Même si chaque situation est unique, il y a des ressemblances.   

« La perte de notre normalité reste la même », observe M. Savard.   

Toutes ces expériences lui ont permis de développer son sens du travail d’équipe ainsi que sa capacité d’adaptation, ce qui l’aide dans les cliniques de dépistage de la COVID-19.   

Même si la souffrance et la détresse sont inhérentes aux crises humanitaires, il se sent grandi.   

« C’est là qu’on découvre le mieux de l’être humain », conclut-il.