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Pause de discours insipides

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Photo AFP Le premier ministre Justin Trudeau fera une pause de point de presse cette fin de semaine.

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Justin Trudeau prend congé de conférence de presse cette fin de semaine, une première depuis le début de la pandémie, mis à part des journées fériés.  Ça tombe bien, le premier ministre commence à manquer cruellement de matériel.

Depuis la semaine dernière, les discours de Justin Trudeau devant sa résidence de Rideau Cottage sont de plus en plus insipides. 

Les nouvelles annonces d’aide de financement se font rares. L’entourage du premier ministre a donc pris l’habitude de boucher les trous avec de bonnes nouvelles censées nous réjouir, mais qui n’ont rien à voir avec la pandémie. 

Pour l’essentiel, les allocutions de Justin Trudeau portent sur l’aide déjà annoncée, mais surtout sur le fait que cette aide est trop souvent boudée par ceux à qui elle s’adresse.  

Que ce soit la subvention salariale ou les loyers des entreprises, le premier ministre passe beaucoup de temps à supplier les Canadiens d’utiliser les programmes d’urgence fédéraux mis en œuvre à grands frais. 

Débats 

Ce qui m’amène au retour éventuel des travaux parlementaires, dont les modalités continuent de diviser les partis. Il serait peut-être temps que le premier ministre passe plus de temps au parlement, et moins dans l’entrée de cour de sa résidence.  

Les débats concernant les enjeux économiques et sociaux de la pandémie méritent un large forum de discussion, soit celui de la Chambre des communes.  

Des milliards de dollars sont en jeu. Le gagne-pain de millions de Canadiens aussi.  

Ottawa a dépensé en quelques semaines l’équivalent de la moitié de son budget annuel. 

Certains jugent cette aide trop généreuse. Le Canada fait effectivement partie des pays qui ont le plus dépensé en mesures d’urgence selon la taille de leur économie, soit près de 10 %. 

Le Canada est un des états les plus riches, qui possède aussi une cote de crédit parfaite. 

Bref, nous sommes en face d’importants débats de société. 

Piège 

Le Parti conservateur appelle au retour des travaux parlementaires à temps plein, en formule réduite.  

À ce point-ci, Andrew Scheer et compagnie n’ont plus rien à perdre, étant en totale déroute dans les sondages. 

Comme je l’écrivais il y a un mois, une plus grande présence des partis d’opposition dans l’œil du public comporte des risques. 

La population aura sans doute peu de patience pour la politique partisane crasse au moment où des millions de Canadiens souffrent de la pandémie. 

Malheureusement, rien ne laisse croire que l’opposition officielle évitera de tomber dans le panneau, si on en croit sa piètre performance depuis le début de la crise.  

À tel point que d’importantes figures du parti demandent la tête de M. Scheer. Ce qui est dommage. En ces temps incertains, les Canadiens méritent le plus grand nombre d’alternatives crédibles.