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Super profs de la pandémie: un voyage humanitaire réorienté

Un groupe d’étudiants et leur prof ont fait le bonheur de familles dans le besoin de Donnacona

Isabelle Garneau
Photo courtoisie Isabelle Garneau (à droite sur la photo) et sa collègue, Danielle-Christine Houde, alors qu’elles s’apprêtent à distribuer de la nourriture­­­ à des gens dans le besoin de leur région.

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Un voyage humanitaire qui est tombé à l’eau en raison de la pandémie, et qui devait mener un groupe d’étudiants, leur professeure et plusieurs denrées alimentaires en République dominicaine, a pu être réorienté vers des familles dans le besoin de Donnacona.  

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Isabelle Garneau, qui enseigne les langues à l’école secondaire de Donnacona, devait s’envoler en République dominicaine en mars avec un groupe d’étudiants dans le but d’y faire, pour la 10e fois, un voyage humanitaire.    

Une quinzaine de valises remplies de denrées alimentaires devaient y être emportées, et elles étaient destinées au Jardin des enfants, dirigé par Pauline Tremblay, à Los Brazos.   

Comme le voyage est tombé à l’eau, plutôt que de tout perdre, l’enseignante a eu la bonne idée d’organiser une collecte de fonds pour bonifier le contenu des valises. Tout a été distribué dans une dizaine de familles de sa région natale.    

De la nourriture pour apaiser  

Les valises contenaient des pâtes et des boîtes de conserve, des barres tendres, des collations, du beurre d’arachides et des produits hygiéniques. Grâce à l’idée de la professeure, à la générosité des gens sollicités et aux sous amassés, de la viande, des légumes, des fruits, du lait et du pain ont été ajoutés aux denrées et livrés à domicile.    

«La première livraison que j’ai faite, les gens n’en revenaient pas... Ils étaient vraiment contents. Manger, c’est un besoin essentiel... Quand tu manques de nourriture, parfois l’anxiété, l’agressivité s’invitent... alors je pense que c’est aussi un geste qui apaise», a confié la femme de 46 ans qui a souligné que souvent, on oubliait qu’il y avait autant de misère si près de chez nous.   

Mme Garneau, qui donne également des cours privés d’anglais, le soir, a aussi décidé de mettre à contribution les parents de ses deux élèves et elle refuse, depuis le début du confinement, d’être payée.   

«Un effet domino»  

«Habituellement, j’utilisais l’argent pour voyager... mais là, je me sentais mal de prendre les sous... Je continue la formation de mes élèves en ligne le soir, mais j’ai demandé à la famille des enfants de donner l’argent à une banque alimentaire», a mentionné celle qui a décidé que ce serait sa contribution.   

«Comme enseignants, nous ne sommes pas sourds. On le sait que plusieurs personnes ont passé des commentaires négatifs sur le fait qu’on allait rester à la maison... mais, derrière le visage global des profs, il ne faut pas oublier qu’il y a des humains et que chacun à notre façon, on essaie de poser des gestes positifs qui, immanquablement, auront un effet domino sur nos jeunes».    

Isabelle Garneau   

  • Âge : 46 ans   
  • École secondaire de Donnacona   
  • Donnacona   
  • Années d’expérience : 23 ans   
  • Niveau : Secondaire