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Un retour en arrière majeur pour le secteur de l’immobilier

Les prix des maisons pourraient revenir à ceux de 2017, prévoient des experts

Bloc Maison hypothèque immobilier
Illustration Fotolia

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La gueule de bois qui suivra la pandémie de COVID-19 s’annonce longue et pénible pour le secteur immobilier, et ce, même si le Québec se retrouve en bien meilleure posture que plusieurs autres provinces à l’heure actuelle. 

Le président et chef de la direction de la Société canadienne d’hypothèque et logement (SCHL) en a fait sursauter plus d’un cette semaine lorsqu’il a expliqué aux parlementaires fédéraux que le prix moyen des maisons pourrait chuter de 9 % à 18 % au pays d’ici 12 mois. 

Pour les courtiers immobiliers à l’échelle du pays, Evan Siddall venait plutôt de confirmer ce qu’ils soupçonnaient depuis le début des mesures d’urgence, le 15 mars. 

« Les taux hypothécaires sont exceptionnellement bas en ce moment, et même avec ça, il n’y a à peu près pas d’acheteurs qui se manifestent », soupire en entrevue Robert Beaudoin, vice-président des opérations immobilières chez Proprio Direct. 

« Les derniers mois avaient donné des résultats exceptionnels avant la crise. Tout ça, c’est de l’histoire ancienne... » 

Il s’attend à un recul « aux prix de 2017 » du secteur.  

Le Québec a toutefois de quoi se réjouir, dans la mesure où d’autres marchés sont beaucoup plus touchés par la crise, souligne Joanie Fontaine, économiste principale à la firme d’information immobilière JLR. 

« L’Alberta va avoir beaucoup plus de difficulté que nous à se relever, notamment quand on tient compte de l’effondrement des prix du pétrole. Et il faut se rappeler qu’avant la crise, Montréal et Gatineau-Ottawa connaissaient les deux plus fortes croissances au pays. Il risque bel et bien d’y avoir des reculs de prix au Québec, mais il est à prévoir qu’on s’en tirera mieux que d’autres. » 

Les vendeurs attendent 

Avec l’interdiction des visites libres et les craintes entourant la santé, de nombreux propriétaires de résidence ont remis à plus tard leur projet de mise en vente, ce qui s’est traduit par « une chute massive » des nouvelles inscriptions en avril, en baisse de 74 %.  

« C’est en quelque sorte un faux problème : les gens ne mettent pas en vente parce qu’ils se disent qu’il n’y a pas d’acheteurs potentiels. Mais il reste bel et bien des acheteurs », estime Joanie Fontaine. 

Avec 13 000 inscriptions résidentielles, la région de Montréal n’a pas compté aussi peu de propriétés à vendre depuis 2003. 

Chute de 55 % à Québec 

Dans la région de Québec, au total, seulement 403 ventes ont été enregistrées au cours du mois d’avril 2020, soit une chute de 55 % par rapport au même mois l’an dernier, selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). 

La situation est encore pire dans la métropole. En tout, 1890 ventes ont été recensées en avril, ce qui représente une chute « historique » de 68 % en comparaison d’avril 2019. Une première baisse après 61 hausses mensuelles consécutives, soit plus de cinq ans. 

Les propriétés sur le marché sont donc soit trop chères, soit mal en point, soit peu attrayantes, résument les intervenants sondés par Le Journal

« Les vendeurs sont dans une position de faiblesse. Le vendeur doit être motivé et prêt à négocier », dit M. Beaudoin.  

Variation du prix médian des propriétés (de 2018-2019 à 2019-2020) 

Île de Montréal   

  • Unifamiliale +6 % 
  • Copropriété +9 %  

Gatineau   

  • Unifamiliale +5 %  

Source : JLR