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Une formule qui plaît à Antoine Roussel

«Quand tu choisis de revenir au jeu, tu as besoin que ce soit viable économiquement», dit-il

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Photo AFP Antoine Roussel a été impliqué dans les discussions entre l’Association des joueurs et la LNH.

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Antoine Roussel passe un temps fou à travailler sur son érablière à Laterrière au Saguenay. L’ailier des Canucks de Vancouver a aussi consacré une bonne partie de ses énergies à suivre les différentes réunions avec l’Association des joueurs pour une reprise des activités.  

Lors d’une conférence au mois d’avril, Roussel s’était même fait gronder par Donald Fehr puisqu’il n’avait pas placé son téléphone en mode silencieux. Il avait alerté son jeune garçon, Théodore, puisqu’un camion reculait dans la cour. Une directive qui avait résonné malencontreusement dans plusieurs dizaines de téléphones.  

Il a suivi le dossier 

Depuis l’interruption de la saison dans la LNH le 12 mars dernier en raison de la pandémie de la COVID-19, Roussel a donc jonglé entre son boulot d’acériculteur, ses responsabilités parentales et son implication comme conseiller à Bo Horvat, le capitaine et représentant syndical des Canucks de Vancouver.  

«Nous nous partageons le travail à quatre ou cinq joueurs, a raconté Roussel. J’ai participé à tous les appels. Horvat est notre représentant. Je ne m’occupe pas de relayer les informations aux coéquipiers avec des courriels, mais je suis les réunions.» 

En fin de soirée vendredi, l’Association des joueurs de la LNH a donné sa bénédiction pour la reprise des activités avec un format des séries à 24 équipes. Des 31 équipes, 29 ont voté oui.  

Pas l’idéal, mais juste 

Il y a toutefois eu de vives discussions entre les joueurs avant d’entériner ce projet.  

«Il y a eu plus d’opposition que je croyais, a dit l’ailier de 30 ans. Pour les Canucks, nous participions aux séries, peu importe la formule. Avec 16 équipes, nous y étions en raison de notre 7e rang dans l’Ouest selon la moyenne de points par match. À 24 équipes, nous avons aussi notre place.» 

«Il y a des joueurs qui trouvaient que ça dénaturait le hockey avec des séries à 24 équipes. Ça change aussi le parcours avec un tour supplémentaire. C’est vrai. Mais nous vivons une situation unique. Nous avons besoin de nous ajuster. La vie est dénaturée dans toutes les sphères.» 

«Au final, je trouve que c’est une formule juste. Quand tu choisis de revenir au jeu, tu as besoin que ce soit viable économiquement. Avec plus d’équipes, il y a plus de marchés d’impliqués. Je trouve ça aussi excitant. Nous découvrirons une nouvelle formule pour les séries.» 

Trois équipes douteuses 

Roussel a soulevé l’un des enjeux des dernières discussions. Et ça impliquait le Canadien.  

«Il y a trois équipes qui posaient des problèmes pour le côté équitable, c’était Montréal, Chicago et l’Arizona, a-t-il admis. On parle de trois équipes qui se retrouvaient loin d’une place en séries à l’interruption de la saison. Les trois étaient pratiquement éliminées. Elles viennent de renaître avec la nouvelle formule et elles pourraient créer des surprises dès le premier tour où ce serait un trois de cinq.»  

«Mais c’est la réalité. Il faut s’adapter. On vit un moment différent. La LNH cherche à faire de l’argent. Et c’est la même histoire pour les joueurs. Sur le plan financier, je salue l’initiative avec des séries à 24 équipes. Pour l’aspect équité, c’est discutable. Pour la qualité de vie en famille, c’est loin d’être l’idéal. Mais dans la vie, tu dois faire des sacrifices. Il n’y a rien de parfait.» 

Le Wild au premier tour  

Avec la formule à 24 équipes, les Canucks affronteront fort probablement le Wild du Minnesota dans une série trois de cinq. Roussel a bon espoir de voir son équipe, menée par Elias Pettersson, J.T. Miller, Quinn Hughes et Jacob Markstrom, survivre à cette première étape.  

Il n’est pas plus nerveux pour sa sécurité advenant un retour sur la glace possiblement au début juillet pour le camp et à la fin du même mois pour les premiers matchs.  

«Nous ne sommes pas dans une tranche d’âge à risque, a-t-il répliqué. Il y a un danger, mais ça ne me stresse pas trop. Je sais toutefois qu’il y a des joueurs qui sont plus nerveux. Quand tu lis ou tu regardes les nouvelles tous les jours sur la COVID-19, tu finis par devenir plus nerveux. Moi, je travaille sur mon érablière. Je suis dans le bois.» 

Sur le plan familial, Roussel et sa conjointe Alexandra Néron verront la petite famille encore s’agrandir avec l’arrivée d’un troisième enfant au cours des prochaines semaines. Une raison de plus pour s’ennuyer lorsqu’il partira pour plusieurs semaines loin de ses proches.