/news/coronavirus
Navigation

CHSLD: des aînés enfermés 24 heures sur 24 depuis 72 jours

Des résidents de CHSLD ne peuvent sortir de leur chambre en raison de la pandémie de la COVID-19

Robert Tremblay
Photo Ben Pelosse Robert Tremblay.

Coup d'oeil sur cet article

Quatre murs et une fenêtre. Voilà ce que Robert Tremblay regarde depuis maintenant 72 jours, confiné dans sa chambre d’un CHSLD de Montréal.  

• À lire aussi: Le Québec se déconfine: voici ce qui est ouvert ou fermé, permis ou interdit 

• À lire aussi: Déconfinement: les centres-villes transformés par le télétravail? 

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie de coronavirus 

Pas de visiteur, pas de livraison d’un restaurant et un seul bain depuis le début du confinement. De petits plaisirs et des soins auxquels il a dû faire ses adieux à cause de la pandémie.   

Mais il a tellement hâte de les retrouver, que le sexagénaire, habituellement calme et posé, en vient même à sacrer.    

«Au plus criss», lance-t-il à propos du déconfinement au centre d’hébergement Notre-Dame-de-la-Merci, où il vit.   

L’homme de 60 ans se trouve dans la même situation que de nombreux résidents de CHSLD, confinés à leur chambre 24 heures par jour pour une période encore indéterminée.   

«Une chance que j’ai un ordinateur, la télévision et le téléphone, car je serais devenu fou», poursuit M. Tremblay, qui est paralysé du torse aux orteils.   

Il jase avec son épouse par appel vidéo plusieurs fois par jour. Elle cherche à lui remonter le moral.    

«D’habitude, je suis très positif», reconnaît-il.   

Mais les 72 derniers jours pèsent très lourd sur son moral. «Je ne sais pas qui est décédé, mais je sais que j’ai perdu plus de 50 voisins», dit-il.   

55 morts  

Selon le dernier bilan, Notre-Dame-de-la-Merci déplorait 55 décès. La COVID-19 est toujours présente entre ses murs, alors que le quart des résidents sont toujours infectés.   

Pour sa part, Robert Tremblay a reçu deux tests négatifs. Il salue les précautions des nombreux employés à aller et venir dans sa chambre pour ses soins.   

Mais sa qualité de vie a radicalement changé. Celui qui avait milité pour obtenir deux bains par semaine n’est maintenant lavé qu’à la débarbouillette tous les jours. Surtout parce qu’il est capable de le réclamer, ajoute-t-il.   

Le personnel l’installe sur son fauteuil roulant électrique deux après-midi par semaine. Sinon, il reste dans son lit.   

M. Tremblay redoute aussi la chaleur qui commence à s’installer sur la métropole.   

Sa pièce n’a pas l’air conditionné.    

«En ce moment, je suis presque tout nu [...]. Je n’ai pas le choix, c’est trop chaud sinon, souligne-t-il. Le pire, c’est qu’on paie un loyer pour rester ici».   

À l’inverse, les aînés en résidence qui ont pu profiter du déconfinement leur a fait le plus grand bien.   

Claire Côté, qui habite les résidences de Longpré, à Beauport, raconte, en souriant, qu’elle était «comme un petit veau qui sort de l’étable, pareille, pareille» quand elle a eu l’autorisation de conduire de nouveau son véhicule. Femme active, elle n’en pouvait plus d’être confinée à son appartement. On lui permet maintenant de prendre des marches sans supervision. «C’est incroyable comment la liberté, c’est important» dit-elle.   

De son côté, Louise Généreux, qui habite la Résidence Breakyville à Lévis, est «venue les larmes aux yeux» quand on lui a permis il y a quelques jours de rencontrer sa fille. Le confinement commençait à peser lourdement sur le moral de la femme, qui a aussi 76 ans.    

– Avec la collaboration de Dominique Lelièvre

À VOIR AUSSI

APPEL À TOUS

Vous avez vaincu la COVID-19? Le Journal est à la recherche de personnes guéries du coronavirus et qui aimeraient témoigner.

Écrivez-nous à scoop@quebecormedia.com