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Temps durs pour la culture

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On nous annonce vendredi la présence de madame la ministre de la Culture au point de presse que tient le gouvernement Legault. Nous nous sommes rués devant nos écrans afin de connaître le résultat de ce sur quoi Mme Roy et son équipe planchent depuis des semaines pour la remise en marche du secteur culturel.

Qu’est-ce qu’on nous annonce? La réouverture des bibliothèques et des musées, et grosse surprise, celle des ciné-parcs!

Mme Roy remercie les artistes qui, grâce à leurs prestations vidéo sur les différentes plateformes du web, auront rendu cette longue période de confinement moins pénible. 

On a vite compris qu’en ce qui concerne les arts de la scène, c’est cuit. Les théâtres et salles de spectacles demeurent fermés. 

Et les tournages de nos séries? 

Soyons réalistes, les créateurs ne peuvent pas vivre comme ça éternellement. Les auteurs écrivent, les producteurs se démènent pour trouver des solutions. Les équipes techniques et les acteurs sont prêts à rester confinés toute la durée d’un tournage s’il le faut. 

Tout le monde est sur le pied de guerre, mais nul ne voit poindre l’ombre d’une proposition. 

Cette pandémie fait des victimes collatérales. 

Des entreprises essentielles sont à l’agonie. 

Espace Costumes inc., un costumier privé créé par Nicoletta Massone et son fils. On parle ici d’une collection de 800 000 pièces, une richesse inestimable. L’arrêt des productions et les obligations financières exorbitantes menacent son existence. Non seulement cette institution sert les productions québécoises, mais aussi celles des étrangers qui viennent tourner chez nous. 

Nous pourrions perdre également une entreprise spécialisée dans les accessoires en tout genre. Télé Ciné Montréal, qui approvisionne elle aussi tous les tournages. 

Nos gouvernements encouragent les étrangers à venir tourner au Québec, mais la disparition de ces entreprises essentielles pourrait nous rendre moins attrayants. 

La culture est sous respirateur! 

On se réjouit que les bibliothèques et les musées rouvrent, nous serons les premiers à vouloir les fréquenter. Avouons toutefois que nous avons un peu le ciné-parc en travers de la gorge. Il en reste bien peu. La plupart ont dû fermer, à défaut de pouvoir se convertir au numérique. Une mise à niveau qui exigeait un gros investissement, alors que la fréquentation des parcs était à la baisse.  

Tout pour le ciné-parc, rien pour les arts du spectacle. 

Qui se soucie du sort des chanteurs, acteurs, danseurs, concertistes? 

On s’attendait à plus, d’autant qu’on nous avait précisé que la ministre et son équipe avaient travaillé avec tant d’ardeur à un plan de relance. 

Pourtant, on le dit: contrairement à la finance, la culture enrichit tout le monde. Encore faut-il qu’elle puisse vivre.