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Une gardienne en renfort

Ève Gascon aide dans un CHSLD de L’Assomption pour bloquer la COVID-19

Simon Dessureault
Photo collaboration spéciale, Simon Dessureault Ève Gascon dans l’uniforme des Phénix du Collège Esther-Blondin.

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La gardienne de but Ève Gascon le reconnaît : les premières semaines de confinement lui ont donné un répit dont elle avait besoin. Toutefois, elle n’a pas mis de temps à se demander ce qu’elle pouvait faire pour contribuer et, à force de regarder les points de presse quotidiens du gouvernement du Québec, elle a trouvé. Depuis vendredi dernier, elle travaille dans un CHSLD de Lanaudière.

La jeune hockeyeuse de 17 ans s’était préalablement inscrite sur la plateforme Je contribue et, après deux semaines, elle a reçu un appel du Centre d’hébergement de L’Assomption.

Elle a enfilé le masque vendredi pour son premier quart de travail dans un CHSLD de Lanaudière.
Photo courtoisie
Elle a enfilé le masque vendredi pour son premier quart de travail dans un CHSLD de Lanaudière.

En 2018, Ève Gascon est devenue la première joueuse de hockey à évoluer au sein de la Ligue de hockey midget AAA du Québec, un circuit masculin, avec le Phénix d’Esther-Blondin.

« Je ne faisais rien à la maison et je me suis dit que je devais contribuer. J’ai eu une formation vendredi dernier et j’ai beaucoup aimé. Je m’occupe de l’entretien ménager des chambres des patients », a-t-elle mentionné.

En arrivant sur les lieux, Gascon a compris l’ampleur du problème, et surtout pourquoi le premier ministre François Legault répète quasi quotidiennement que les CHSLD ont besoin de renfort.

Lourde tâche

« Ma première journée s’est bien déroulée, mais la deuxième, j’ai commencé à entendre des personnes dire à quel point elles sont épuisées. Elles travaillent constamment en double, car elles doivent en faire deux fois plus afin que tout soit parfait.

« La semaine dernière, il y a eu beaucoup de déménagements parce que des gens avaient contracté la COVID-19 et il fallait les transférer d’étage. Tout ça me fait réaliser à quel point ils travaillent fort et je suis vraiment contente de m’être inscrite pour leur venir en aide », a précisé l’athlète.

D’ailleurs, elle a été un peu surprise de l’impact de son geste lorsqu’il a commencé à filtrer sur les réseaux sociaux à la fin de la semaine dernière.

« J’ai reçu beaucoup de messages depuis vendredi dernier et je ne m’attendais pas à ça. Ça m’a fait réaliser que c’était gros ce que j’avais fait. Pour moi, c’était la moindre des choses. »

Crainte dissipée

La jeune athlète ne le cache pas : elle était craintive à l’approche de son premier quart de travail.

Toutefois, dès qu’elle a mis les pieds dans l’établissement de soins de longue durée, elle a compris que tout était mis en place pour assurer la sécurité autant des employés que des résidents.

« Quand je suis rentrée dans la bâtisse pour la première fois, j’ai eu un peu peur. Par contre, on porte des masques et des visières et on est habillés de façon à ce qu’on soit le plus protégé possible. De plus, on garde une distance avec les patients. C’est sûr qu’il y a quand même un risque, mais on se lave les mains le plus souvent possible. »

Cette expérience en CHSLD se veut peut-être un avant-goût d’une après-carrière dans le monde de la santé pour Ève Gascon.

Dépendamment de la manière dont se déroulera sa carrière de hockeyeuse, la gardienne de but aimerait un jour travailler comme thérapeute sportive. 

« Le domaine de la santé m’intéresse et mon passage ici confirme un peu la voie que je veux prendre. Je vais ressortir d’ici avec une expérience de plus. J’aime vraiment ça et je vais continuer là-dedans. » 

Ses patins lui manquent

Même si elle aidera pour aussi longtemps qu’elle le pourra, Ève Gascon ne passera pas sa vie dans un CHSLD. Bientôt, elle l’espère, elle pourra retourner sur la glace afin de se préparer pour son prochain défi sportif : celui de se joindre aux Patriotes du cégep de Saint-Laurent, une formation de division 1, collégial masculin.

Encore une fois, elle deviendra la première joueuse à évoluer dans ce circuit.

« J’ai vraiment hâte que ça commence. Ça va être un gros défi pour moi et je vais avoir des ajustements à faire. Je m’entraîne six fois par semaine. J’ai des poids chez moi, donc je peux me débrouiller et je vais souvent courir aussi afin de conserver mon cardio », mentionne-t-elle.

À l’arrêt

La COVID-19 a mis un terme prématurément à sa deuxième saison dans le midget AAA, en mars dernier.

Après avoir présenté une fiche de 6-9-1 l’an dernier, à 15 ans, elle a terminé la dernière saison avec un dossier de 6-18-1, une moyenne de 3,32 et une efficacité de 0,893.

« Je pense que j’ai eu une bonne saison. Je suis arrivée plus confiante et je me suis mis moins de pression. À ma première année, je ne voulais pas avoir l’air folle, donc je me mettais beaucoup de pression. Cette année, je voulais simplement prouver que j’avais encore ma place dans cette ligue. Je voulais être une leader et montrer l’exemple. »

Objectif olympique

La jeune gardienne de 5 pi 7 po et 172 lb n’a pas l’intention de s’arrêter là. Après avoir goûté à l’expérience de Hockey Canada en décembre et janvier derniers lorsqu’elle a représenté le pays au Championnat mondial des moins de 18 ans féminin, où l’équipe nationale a remporté l’argent en s’inclinant en finale contre les Américaines, elle espère pouvoir y goûter à nouveau.

« C’est certain qu’un jour, j’aimerais participer aux Jeux olympiques. Je dois continuer de travailler fort et y aller étape par étape. J’aimerais rester avec Hockey Canada », mentionne-t-elle.

Chose certaine, elle a fait bonne impression en janvier dernier. À 16 ans seulement, elle a décroché le poste de gardienne partante de l’équipe canadienne, terminant la compétition avec une moyenne de 1,39 et une efficacité de 0,938, en quatre départs.